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Liban - Conflit

Sleiman Haroun réclame la création du Conseil supérieur de la santé

Les hôpitaux proposent que l'État injecte 400 millions de dollars supplémentaires dans le système.

Le président du syndicat des hôpitaux, Sleiman Haroun, a plaidé hier à nouveau la cause des établissements hospitaliers, dont l'image publique souffre régulièrement de cas d'injustice ou d'abus isolés qui éclaboussent tout le secteur.
« Ce n'est pas en occultant les droits des hôpitaux qu'on assurera les droits des patients à l'hospitalisation, mais grâce à un plan global qui garantirait à toutes les parties leurs droits », a fait valoir M. Haroun, au cours d'une conférence de presse tenue au siège de l'ordre.
Dans un premier temps, M. Haroun a tenté d'établir le coût moyen de l'hospitalisation au Liban. Se basant sur une étude de 2013, il a affirmé que les dépenses hospitalières annuelles au Liban s'élèvent à 1,5 milliard de dollars, soit une moyenne de 375 dollars par personne.
Or, a ajouté M. Haroun, en France, ce coût moyen est de 1 575 dollars (pour des dépenses annuelles de 104 milliards de dollars).
En comparant ces deux chiffres, et en comparant le pourcentage de chacun d'eux par rapport au PIB de chaque pays, les chiffres obtenus sont, respectivement, de 2,5 % pour le Liban et de 4,5 % pour la France, a-t-il indiqué.
Si ce coût ne pèse pas sur le citoyen français, a-t-il enchaîné, c'est parce que l'État français assume 91 % de la facture hospitalière, alors que le Liban (tous tiers payants réunis), n'en assume que 54 % (l'équivalent de 800 millions de dollars).
Le reste de cette facture, les 700 millions de dollars restants, sont couverts par les Libanais soit directement, soit à travers les polices d'assurances, a-t-il déploré. Pour M. Haroun, « nous sommes là à la racine du problème ». Et le président du syndicat des hôpitaux de plaider pour une hausse du pourcentage de participation de l'État aux frais d'hospitalisation. Ce qui signifie une contribution supplémentaire de 400 millions de dollars par an.
« Faute d'un ajustement de cet ordre, a-t-il affirmé, hôpitaux et particuliers vont fatalement rester en conflit. »

Les tarifications
Pour en venir aux tarifications, vieille pomme de discorde entre les hôpitaux et l'État, M. Haroun a rappelé qu'elle remonte à 1998. Or, a-t-il expliqué, en 15 ans, la médecine a effectué d'énormes progrès. Résultat : le patient réclame que les meilleurs soins lui soient prodigués, alors qu'il est interdit aux hôpitaux de percevoir quelque frais supplémentaire que ce soit, sous peine d'être accusés d'enfreindre la tarification.
Par ailleurs, M. Haroun a reproché au ministère de la Santé de procéder à la vérification des factures hospitalières selon le procédé de l'échantillonnage ( contrairement aux autres tiers payants, qui vérifient toutes les factures). Avec comme résultat final de généraliser à toutes les factures le pourcentage d'escompte qu'il fixe de sa propre autorité. Or souvent, a-t-il ajouté, ces escomptes sont « injustifiés et arbitraires et entraînent de graves préjudices pour les hôpitaux ».
« Souvent, a-t-il insisté, des actes médicaux sont rayés de la facture sans aurte forme de procès, alors qu'ils avaient été approuvés par les contrôleurs, avant l'opération. Cela arrive parce que les contrôles postérieurs se font indépendamment de toute vérification du dossier du patient. »

Les dettes
M. Haroun a fait valoir que les dettes cumulées des tiers payants à l'égard des hôpitaux s'élèvent aujourd'hui à un milliard de dollars, un déficit de paiement que les hôpitaux essaient de régler par des emprunts bancaires, sachant que certaines des dettes remontent à 15 ans.
« Ces dettes, a-t-il expliqué, handicapent énormément les hôpitaux et les empêchent souvent d'améliorer leurs prestations ou de faire évoluer leurs départements. »
Et M. Haroun d'ajouter que le syndicat qu'il préside est d'accord pour une classification des hôpitaux et une modulation en conséquence des tarifications adoptées, à charge pour cette classification d'être établie sous la supervision de la commission ad-hoc présidée par le directeur général de la Santé, Walid Ammar, et que la modification du classement d'un hôpital ne se fasse pas « pendant que le contrat passé avec cet établissement a cours ».

Les accidentés syriens
Par ailleurs, M. Haroun a demandé que les ressortissants syriens soient transférés de préférence vers les hôpitaux gouvernementaux, précisant que les soins accordés à ces patients (admis d'urgence, souvent pour des soins de guerre ou des accidents de la route), peuvent atteindre jusqu'à 20 % des frais d'un hôpital et qu'ils ne sont pas couverts.
Enfin, M. Haroun a réclamé la création du Conseil supérieur de la santé prévu par le décret 8377 de 1961 et qui réunit, sous la présidence du ministre de la Santé, des représentants de tous les syndicats du secteur de la santé, les doyens des facultés de médecine des grandes universités et des représentants de la société civile. Pour lui, ce conseil serait « un espace d'échanges et de compréhension mutuelle entre les divers acteurs du secteur de la santé, et aiderait incontestablement à l'évolution de ce secteur dans l'intérêt de tous ».

Le président du syndicat des hôpitaux, Sleiman Haroun, a plaidé hier à nouveau la cause des établissements hospitaliers, dont l'image publique souffre régulièrement de cas d'injustice ou d'abus isolés qui éclaboussent tout le secteur.« Ce n'est pas en occultant les droits des hôpitaux qu'on assurera les droits des patients à l'hospitalisation, mais grâce à un plan global qui garantirait à toutes les parties leurs droits », a fait valoir M. Haroun, au cours d'une conférence de presse tenue au siège de l'ordre.Dans un premier temps, M. Haroun a tenté d'établir le coût moyen de l'hospitalisation au Liban. Se basant sur une étude de 2013, il a affirmé que les dépenses hospitalières annuelles au Liban s'élèvent à 1,5 milliard de dollars, soit une moyenne de 375 dollars par personne.Or, a ajouté M. Haroun, en...
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