Hier, à Yaoundé, une manifestation de soutien à l'armée camerounaise a rassemblé des dizaines de jeunes Camerounais. Reinnier Kaze/AFP
Le Cameroun a annoncé hier la libération d'un otage allemand enlevé l'été dernier par le groupe islamiste nigérian Boko Haram, dont l'énigmatique chef, Abubakar Shekau, a ouvertement mis au défi les pays voisins du Nigeria de l'attaquer. En effet, le président Paul Biya a annoncé « qu'une opération spéciale des forces armées camerounaises et des services des pays amis a abouti (la nuit dernière) à la libération de Nitsch Eberhard Robert, citoyen allemand enlevé en juillet 2014 au Nigeria par la secte Boko Haram qui le détenait en otage depuis lors ». Berlin a confirmé la libération.
« Président du Niger,
tu vas voir »
L'annonce de cette libération est intervenue après la publication d'une vidéo du chef de Boko Haram revendiquant l'attaque sanglante contre la ville nigériane de Baga début janvier, qualifiée de crime contre l'humanité par Washington et Paris. Dans cette vidéo, celui-ci évoque en termes méprisants les présidents du Tchad, du Cameroun et du Niger, et les menace ouvertement. Dans sa vidéo, Shakau lance à l'adresse du président tchadien Idriss Déby : « Idriss Déby, les rois d'Afrique (...) je vous défie de m'attaquer maintenant. Je suis prêt. »
Il accuse aussi le président camerounais Paul Biya d'avoir « peur » et de « demander de l'aide » face à la multiplication des raids meurtriers de Boko Haram dans l'extrême nord du Cameroun, frontalier des bastions nigérians des islamistes.
Au Nigérien Mahammadou Issoufou, il lance : « Tu vas voir. Président du Niger, tu vas voir. » Ajoutant qu'il fait « partie de ceux qui sont allés compatir avec (le président français François) Hollande, le petit-fils de Charlie » Hebdo.
Pendant ce temps, les trois voisins du Nigeria militent pour une mobilisation internationale contre les islamistes nigérians. À l'issue d'une réunion des États de la région mardi à Niamey, les participants ont décidé de transférer de Baga à N'Djamena, la capitale tchadienne, l'état-major de la force armée régionale censée lutter contre Boko Haram.
D'autre part, à Yaoundé, une manifestation de soutien à l'armée camerounaise a rassemblé hier des dizaines de jeunes Camerounais. Il s'agit de la première marche enregistrée depuis que l'armée s'est engagée en juin 2014 dans une lutte sans merci contre le groupe terroriste.
(Source : AFP)
« Président du Niger,tu vas voir »L'annonce de cette libération est intervenue après la publication d'une vidéo du chef de Boko Haram revendiquant l'attaque sanglante contre la ville nigériane de Baga début janvier,...

