Libye
Un cessez-le-feu annoncé en soutien aux négociations
L'armée libyenne a annoncé hier un cessez-le-feu, emboîtant le pas à la coalition de milices surtout islamistes Fajr Libya, pour soutenir les négociations entamées à Genève afin de mettre fin au conflit qui déchire le pays. Elle souligne toutefois que cette trêve « ne concerne pas les opérations menées contre les terroristes », en référence aux groupes islamistes radicaux armés qui opèrent dans l'est et le sud du pays. La mission de l'Onu en Libye (Misnul) a « salué les déclarations unilatérales de cessez-le-feu », interprétant « ce signe encourageant comme un élément important pour créer l'atmosphère favorable au dialogue politique libyen en cours ». En effet, plusieurs parties libyennes ont participé mercredi et jeudi derniers à Genève à une réunion sous l'égide de l'Onu pour tenter de négocier la formation d'un gouvernement d'unité nationale.
Proche-Orient
L'Égypte rouvre demain son passage vers Gaza pour trois jours
L'Égypte a annoncé hier la réouverture demain pour trois jours du point de passage de Rafah, seule voie d'accès à la bande de Gaza non contrôlée par Israël, pour la troisième fois depuis sa fermeture fin octobre après un attentat meurtrier. Cette réouverture va permettre notamment à des étudiants palestiniens bloqués depuis fin octobre de traverser dans les deux sens, et à des malades de recevoir des soins en Égypte ou de retourner chez eux, a indiqué hier un haut responsable égyptien de la sécurité. Par ailleurs, un Palestinien de Gaza, accusé d'« espionnage » pour le compte d'Israël, a été condamné hier à douze ans de prison, a annoncé une source de sécurité dans cette enclave contrôlée par le Hamas.
Le ministre canadien des AE contre une procédure à la CPI
Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a dénoncé hier l'ouverture par la Cour pénale internationale (CPI) d'un examen préliminaire sur des crimes de guerre présumés commis par Israël depuis l'été dans les territoires palestiniens, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue israélien, Avigdor Lieberman, à Jérusalem. « Nous pensons qu'il est totalement inacceptable qu'une organisation terroriste comme le Hamas (islamiste palestinien) puisse porter plainte contre Israël, a lancé M. Lieberman. C'est se moquer du droit international, et l'opposition de l'un des fondateurs de la CPI est très importante, peut-être même cruciale. »
Plus tôt hier, lors de sa rencontre avec son homologue Riad al-Malki à Ramallah, M. Baird a plaidé pour un retour à des négociations israélo-palestiniennes « directes », option que Palestiniens et Israéliens rejettent fermement en l'état. En quittant Ramallah, le convoi de John Baird a reçu des œufs lancés par des Palestiniens. Apprenant cela, le président israélien Reuven Rivlin a brisé le protocole et est venu accueillir en personne le ministre canadien à la porte de sa voiture. M. Rivlin a qualifié la décision de la CPI de « blasphème à l'encontre des lois internationales », tout en appelant son homologue palestinien Mahmoud Abbas à relancer les négociations de paix, et alors qu'Israël presse certains alliés comme le Canada, l'Allemagne et l'Australie de cesser de financer la CPI.
Égypte
Au tribunal, Morsi répète qu'il reste le « président »
À l'audience de l'un de ses procès pour lesquels il encourt la peine de mort, l'ex-président islamiste égyptien Mohammad Morsi a répété hier qu'il se considérait toujours comme le président et comme victime d'un « coup d'État ». M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Égypte, un an et demi après la chute de Hosni Moubarak à l'issue du printemps égyptien de 2011, a été destitué en juillet 2013 par le chef de l'armée d'alors, le général Abdel Fattah al-Sissi, élu lui-même président 10 mois plus tard.
Parallèlement, des partis libéraux égyptiens ont déposé plusieurs plaintes contre l'ancien président égyptien Hosni Moubarak hier, dont l'une concernant l'attaque meurtrière des manifestants qui avaient obtenu son départ en 2011 par un groupe de ses partisans montés sur des chameaux.
Yémen
Une province menace de stopper la production de pétrole
Le gouverneur de la province yéménite de Chabwa a averti que la production pétrolière serait stoppée dans cette zone si le chef de cabinet du président, originaire de sa région, n'était pas libéré par la puissante milice chiite d'Ansarullah. L'homme représentait le Sud au dialogue national organisé pour élaborer un projet de nouvelle Constitution. Les opérations du terminal gazier de Balhaf, situé dans la province de Chabwa, seront également interrompues, a averti le gouverneur. Chabwa a trois champs pétrolifères qui produisent quelque 50 000 barils par jour.
Conflit
L'Ukraine envoie les chars à l'aéroport de Donetsk, Moscou proteste
L'armée ukrainienne a affirmé hier avoir repoussé avec des chars l'offensive des rebelles prorusses sur l'aéroport de Donetsk, car après deux jours de violents combats, la pression rebelle sur les positions ukrainiennes à l'aéroport était devenue trop forte. L'armée ukrainienne a donc jeté samedi soir dans la bataille au moins une dizaine de chars pour ouvrir un couloir et permettre l'arrivée de renforts et l'évacuation des victimes. Les forces ukrainiennes ont « nettoyé presque entièrement l'enceinte de l'aéroport », s'est félicité hier le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko. Mais elles n'ont pas franchi la ligne de front établie par les accords de paix de Minsk, donc cette opération « n'est pas une violation de la trêve » instaurée début décembre, a-t-il assuré. Sur le plan diplomatique, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a affirmé hier que le président ukrainien Petro Porochenko a rejeté un plan de paix que son homologue russe Vladimir Poutine lui a présenté jeudi dernier, incluant un cessez-le-feu.
Terrorisme
Nouveau raid meurtrier de Boko Haram au Cameroun, l'armée tchadienne se déploie
Boko Haram a lancé hier dans l'extrême nord du Cameroun un nouveau raid meurtrier, enlevant une soixantaine de personnes, selon un officier de police basé dans la zone, précisant que « l'attaque a fait des morts » sans pouvoir donner de chiffre. Boko Haram avait lancé lundi dernier une offensive contre une base militaire camerounaise à Kolofata, également dans l'extrême nord du pays. Cette attaque semble avoir été un des déclencheurs de l'intervention du Tchad, qui a demandé aux pays d'Afrique centrale de former une large coalition pour lutter contre le groupe islamiste.
La nouvelle attaque de Boko Haram hier intervient alors que le Tchad a commencé à déployer ses troupes au Cameroun, affichant aussi sa volonté de reprendre Baga. Située dans le nord-est du Nigeria, cette ville stratégique sur les rives du lac Tchad est tombée aux mains du groupe islamiste début janvier. Enfin, un kamikaze s'est fait exploser hier avec son véhicule dans une gare routière de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, faisant au moins quatre morts et 48 blessés, ont déclaré des sources policière et hospitalière à l'AFP.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef