Pegida contraint d'annuler une manifestation à Dresde
Le mouvement allemand anti-islam Pegida a été contraint d'annuler sa manifestation hebdomadaire d'aujourd'hui à Dresde, à cause d'un risque d'attentat, dans un contexte de tensions autour des menaces jihadistes en Europe. La police a annoncé l'interdiction de toute manifestation publique dans cette ville en évoquant « un risque terroriste concret ».
« Chers amis, nous devons malheureusement annuler notre 13e rencontre pour des raisons de sécurité », a annoncé Pegida sur sa page Facebook, évoquant « une menace de mort » visant l'un des organisateurs du mouvement. L'« État islamique a ordonné son exécution », ont précisé les animateurs des cortèges qui défilent presque chaque lundi soir depuis trois mois dans les rues de Dresde pour réclamer une politique migratoire plus restrictive et mettre en garde contre le danger islamiste en Allemagne. Selon le quotidien Bild, l'homme ciblé par les menaces de mort serait Lutz Bachmann, un Allemand de 41 ans originaire d'ex-RDA, figure de proue du mouvement.
Pegida a aussi condamné les menaces « des forces terroristes », y voyant « une atteinte grave à la liberté d'opinion et de manifester ». Le mouvement a appelé à la solidarité « tous les Européens favorables à la liberté d'opinion et opposés au fanatisme religieux », demandant à chacun « d'installer son drapeau national et une bougie à sa fenêtre ». En revanche, une manifestation est annoncée aujourd'hui à Copenhague à l'appel du mouvement.
Pegida, considéré comme xénophobe, affirme refuser « l'islamisation » de la société allemande, s'opposer aux jihadistes ou aux étrangers qui refuseraient de s'intégrer. Ses cibles : l'islam, les étrangers, les médias (« tous des menteurs »), les élites politiques, le multiculturalisme, etc., qui dilueraient la culture chrétienne allemande. Fabrizio Bensch/Reuters
Dispersion des manifestants à Niamey
Les manifestants de l'opposition, qui s'étaient rassemblés hier à Niamey malgré l'interdiction des autorités, se sont dispersés dans le calme, a constaté l'AFP. Plus aucun groupe de protestataires n'était visible à proximité de la place Toumo, dans le centre-est de Niamey, d'où devait démarrer une marche en direction du Parlement, selon la même source. La police, qui avait tiré des gaz lacrymogènes sur les 300 personnes réunies hier, provoquant en retour insultes et jets de pierres, reste fortement présente autour de cette place, interdite à la circulation. Les forces de l'ordre ont également éteint tous les pneus incendiés par les protestataires, selon un correspondant de l'AFP. Sept manifestants, dont un ancien ministre, ont été interpellés, a indiqué une source policière.
Mais les affrontements d'hier ont été d'une bien moindre intensité. Car Niamey a connu une « journée d'enfer » samedi, selon l'expression d'une habitante, des manifestations anti-Charlie Hebdo ayant dégénéré en émeutes dans la capitale où dix personnes sont mortes. Des groupes violents ont incendié au moins une dizaine d'églises et des commerces appartenant à des chrétiens dans ce pays à forte majorité musulmane. De fait, l'opposition défie ouvertement le président Mahamadou Issoufou, qui fait partie des six chefs d'État africains qui ont participé à la marche républicaine du 11 janvier à Paris, après l'attaque terroriste qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Boureima Hama / AFP
Les drapeaux français brûlent au Pakistan
Des milliers de personnes ont manifesté au Pakistan hier contre la publication de la dernière caricature de Mohammad par Charlie Hebdo, certains brûlant des drapeaux français et des effigies du président français ainsi que des dessinateurs de l'hebdomadaire satirique, ont constaté des journalistes de l'AFP. Membres de partis religieux mais aussi laïcs, les manifestants ont ainsi défilé à Lahore, Karachi, Quetta, Peshawar, Multan et dans de nombreuses autres villes du pays. Plus de 2 000 personnes ont manifesté dans la plus grande ville du pays, Karachi, où le parti religieux Jamaat-e-Islami a organisé une marche jusqu'au mausolée de Mohammad Ali Jinnah, père fondateur du pays. Une délégation de pasteurs chrétiens s'est jointe à eux pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes musulmans.
C'est dans ce contexte que de plus en plus de musulmans, notamment des jeunes, montrent leur lassitude face au fondamentalisme. Mais ce mouvement naissant est-il limité aux jeunes bobos pakistanais éduqués dans les grandes universités étrangères? Le mouvement, qui a fait boule de neige sur Facebook et gagné Lahore et Karachi, les deux plus grandes villes du pays, parvient en attendant à mobiliser une centaine de personnes pour chacun de ses rassemblements. .. Naseer Ahmed / Reuters
Quand le ministre français de l'Intérieur n'est plus « Bernard Qui ? »
La cote du ministre de l'Intérieur français a bondi de 16 points en une semaine, après les attentats des 7, 8 et 9 janvier qui ont fait 17 morts à Paris et Montrouge et la traque des trois tueurs, selon une enquête Odoxa pour Le Parisien Dimanche. « En une semaine, "Bernard qui ?" est devenu Bernard Cazeneuve, LE ministre de l'Intérieur connu de tous, respecté et extrêmement populaire », écrit Céline Bracq, directrice générale de cet institut de sondage. Résultat : 70 % des sondés disent avoir une bonne opinion de lui alors qu'ils n'étaient que 54 % dans une enquête réalisée les 8 et 9 janvier auprès de 999 personnes. Cette cote de popularité passe même à 83 % chez les sympathisants de gauche. De même, 69 % des sondés de la deuxième vague jugent que Bernard Cazeneuve est un bon ministre de l'Intérieur, au lieu de 56 % de ceux de la première vague, soit un bond de 13 points. Au point que 48 % des sondés de la deuxième vague le jugent même plutôt meilleur que son prédécesseur, Manuel Valls, qui a été le ministre le plus populaire de François Hollande depuis 2012, avant de devenir chef du gouvernement.
Toutefois, cet homme de petite taille, qui cache un réel sens de l'humour sous un port austère et raide, une voix onctueuse et une parole publique maîtrisée, reste perçu majoritairement comme un technocrate (55 %) distant (53 %). Bernard Cazeneuve, que son crâne dégarni et ses costumes stricts font paraître plus âgé que ses 51 ans, n'est jugé sympathique que par 43 % des sondés et charismatique par 32 %. Lionel BONAVENTURE / AFP
Belgique : le cerveau jihadiste toujours en fuite
Le cerveau présumé de la cellule jihadiste démantelée la semaine dernière en Belgique est toujours en fuite, a confirmé hier le ministre belge de la Justice Koen Geens, qui a ensuite évoqué les arrestations samedi à Athènes dans le cadre de l'enquête. « Les arrestations qui ont eu lieu hier soir n'ont pas permis de mettre la main sur la bonne personne. On continue de le rechercher activement et je suppose que cela va réussir. » Selon les médias belges, Abdelhamid Abaaoud, un Belge d'origine marocaine de 27 ans qui a combattu dans les rangs de l'État islamique (EI) en Syrie, est le chef et pourvoyeur de fonds de la cellule démantelée, qui projetait des attentats contre des policiers et des commissariats « dans toute la Belgique ». Selon la chaîne flamande VTM, il aurait passé des appels depuis la Grèce au frère de l'un des deux suspects tués dans un assaut de la police jeudi soir à Verviers, qui a déclenché le vaste coup de filet antijihadiste dans le royaume. Selon le journal La Dernière Heure, il se trouverait en Grèce ou en Turquie. En attendant, le parquet fédéral belge a annoncé hier qu'il allait demander l'extradition de l'un des suspects arrêtés à Athènes et qui « pourrait avoir un lien » avec la cellule jihadiste démantelée. En Belgique même, où le niveau d'alerte a été relevé d'un cran, à 3 sur une échelle de 4, environ 150 soldats ont été déployés samedi pour surveiller des sites sensibles, à Bruxelles et dans le quartier diamantaire d'Anvers où vit une importante communauté juive. Yves Herman / Reuters
Et voilà la théorie du complot superrelancée...
Une opération des services secrets, un complot des médias ou contre les musulmans ? Les théories conspirationnistes les plus folles se sont multipliées sur Internet quelques heures seulement après l'attaque contre Charlie Hebdo à Paris. Comme lors du 11 septembre 2001, une fois les premières images de la fusillade diffusées sur les chaînes d'information et le Web, la machine à fabriquer des rumeurs a fonctionné à plein. Parmi les plus répandues : la présence de plusieurs véhicules utilisés par les frères Kouachi serait attestée par des rétroviseurs blancs sur une image, près des lieux de l'attaque, puis noirs peu après, une fois la voiture abandonnée. Sauf que le modèle utilisé dispose de rétroviseurs chromés dont la couleur change en fonction de la lumière, ont expliqué les spécialistes. La carte d'identité perdue par un des frères Kouachi, le téléphone mal raccroché dans la supérette Hyper Cacher pendant la prise d'otage opérée par Amédy Coulibaly, ou le tracé de la marche républicaine du 11 janvier à travers Paris qui aurait dessiné les frontières d'Israël : tout est bon pour échafauder les théories les plus loufoques. « L'adolescence est un passage pendant lequel on a besoin de s'affirmer et de se rebeller contre l'adulte, l'ordre établi, la société, etc. Les théories alternatives sont donc un terrain d'expression formidable pour eux », analyse Guillaume Brossard, cofondateur de hoaxbuster.com, un site permettant de vérifier la validité des infos en circulation sur le Web. Mais ces théories ne séduisent pas uniquement les plus jeunes : le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen s'est fait le relais de la thèse conspirationniste : vendredi dernier, dans un entretien paru dans le journal russe Komsomolskaïa Pravda, il jugeait que l'attentat contre Charlie Hebdo « porte la signature de services secrets ».
Jean-Sébastien Evrard/AFP
Le mouvement allemand anti-islam Pegida a été contraint d'annuler sa manifestation hebdomadaire d'aujourd'hui à Dresde, à cause d'un risque d'attentat, dans un contexte de tensions autour des menaces jihadistes en Europe. La police a annoncé l'interdiction de toute manifestation publique dans cette ville en évoquant « un risque terroriste concret ».« Chers amis, nous devons malheureusement annuler notre 13e rencontre pour des raisons de sécurité », a annoncé Pegida sur sa page Facebook, évoquant « une menace de mort » visant l'un des organisateurs du mouvement. L'« État islamique a ordonné son exécution », ont précisé les animateurs des cortèges qui défilent presque chaque lundi soir depuis trois mois dans les rues de Dresde pour réclamer une...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef