Le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a ravivé les tensions persistantes entre son pays et Israël en comparant hier son homologue israélien Benjamin Netanyahu aux « terroristes » islamistes qui ont fait 17 morts à Paris. Deux jours après une première attaque du président Recep Tayyip Erdogan, M. Davutoglu a lui aussi saisi le prétexte des attentats islamistes qui ont visé l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, des policiers et des clients juifs d'une supérette casher pour s'en prendre au Premier ministre de l'État hébreu. « Comme les terroristes qui ont perpétré les massacres de Paris, Netanyahu a commis des crimes contre l'humanité à la tête d'un gouvernement qui a massacré des enfants qui jouaient sur les plages de Gaza », a-t-il déclaré avant une visite à Bruxelles. Le chef du gouvernement turc a jugé que son homologue israélien se trouvait « bien seul » dans la manifestation organisée dimanche en France après les attentats de Paris. Dans la foulée, la présidence turque a enfoncé le clou en estimant que M. Netanyahu avait joué « un coup politique misérable » au cours de cette marche de protestation, l'accusant d'« arrière-pensées politiques personnelles ». « Le gouvernement israélien doit renoncer à ces politiques agressives et racistes » et ne pas « attaquer les autres sous le prétexte qu'ils seraient antisémites », a lancé le porte-parole du président Erdogan, Ibrahim Kalin, dans un communiqué. Pour rappel, M. Erdogan a tiré lundi la première salve de cette nouvelle guerre des mots en confiant avoir « du mal à comprendre comment il (M. Netanyahu) a osé » défiler dans la capitale française. Le Premier ministre israélien lui a répondu mercredi en dénonçant des « propos honteux » qui « doivent être condamnés par la communauté internationale car la guerre contre le terrorisme ne peut réussir » que « si elle est guidée par une morale claire ».
Moyen Orient et Monde
Davutoglu compare Netanyahu aux « terroristes » de Paris
OLJ / le 16 janvier 2015 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef