Après avoir défilé dimanche en masse, les Français se sont rués sur les kiosques dès l’aube. À 9h GMT, plus aucun exemplaire n’était disponible. Philippe Huguen/AFP
Les Français ont rendu hommage aux « survivants » de Charlie Hebdo en s'arrachant hier la nouvelle édition du journal satirique.
Après avoir défilé en masse dimanche, les Français se sont donc rués dans les kiosques dès l'aube et à 09h00 GMT, plus aucun exemplaire de Charlie Hebdo n'était disponible. Mais des centaines d'exemplaires du nouveau numéro se sont retrouvés proposés sur Internet hier à des prix parfois délirants, suscitant la colère des soutiens et « survivants » du journal satirique. Des copies numériques pirates de l'édition exceptionnelle étaient également disponibles sur plusieurs sites de téléchargement illégal, a constaté l'AFP.
Le journal croque en une un Mohammad en larmes. Le prophète tient une pancarte « Je suis Charlie », le slogan des millions de manifestants descendus dans les rues en France et à l'étranger pour condamner les attentats qui ont fait 17 tués à Paris. Outre les 12 morts (dont deux policiers) de Charlie Hebdo, une autre policière et quatre clients ou employés juifs d'un supermarché casher ont été assassinés dans ces attaques. Les jihadistes auteurs de l'attaque de l'hebdomadaire à Paris le 7 janvier, les frères Saïd et Chérif Kouachi, avaient affirmé « avoir vengé le prophète et tué Charlie Hebdo », menacé par les islamistes radicaux pour avoir déjà publié des caricatures du prophète.
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« Charlie Hebdo vit et vivra », a salué le président François Hollande. « On peut assassiner des hommes, des femmes, on ne tue jamais leurs idées, au contraire », a souligné le chef de l'État. Les principales organisations musulmanes ont pour leur part appelé la communauté « à garder son calme » et « respecter la liberté d'opinion ». Elles ont invité les imams des mosquées à des prêches « humanistes » lors de la grande prière de demain.
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Critiques et menaces
Comme ce fut le cas à chacune des précédentes publications de caricatures du prophète, Charlie Hebdo a suscité hier une tempête de critiques et de mises en garde, parfois violentes, aux quatre coins du monde islamique. Al-Azhar, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam sunnite basée en Égypte, a appelé à « ignorer » ces nouveaux dessins, qualifiés de « frivolité haineuse ». Le mufti de Jérusalem, plus haute autorité religieuse dans les territoires palestiniens, a dénoncé hier comme une « insulte » aux musulmans la une du journal français, tout en rejetant le recours à la violence. En déplacement à Genève, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a appelé au « respect » mutuel des convictions religieuses. Avant lui, sa porte-parole Marzieh Afkham avait jugé « insultant » le numéro de Charlie Hebdo, estimant qu'il pouvait « relancer le cercle vicieux du terrorisme ». « C'est un acte extrêmement stupide », a renchéri, menaçante, la radio du groupe État islamique (EI). L'Union mondiale des ulémas musulmans a estimé pour sa part, depuis son quartier général du Qatar, qu'il n'était « ni raisonnable, ni logique, ni sage » de publier de nouveaux dessins « offensant le prophète ou attaquant l'islam ».
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Aux Philippines, environ 1 500 personnes ont également manifesté à Marawi, l'une des villes à majorité musulmane de l'archipel. « La liberté d'expression ne va pas jusqu'aux insultes contre le plus grand et noble prophète d'Allah », a déclaré l'un d'eux. Le Sénégal a aussi interdit « par tout moyen » la diffusion de l'hebdomadaire. En Belgique, où auraient été achetées une partie des armes utilisées dans les attentats de Paris, des libraires bruxellois ont reçu des menaces de représailles en cas de distribution de l'hebdomadaire aujourd'hui. En Turquie, la justice a ordonné le blocage en Turquie de toutes les pages web qui reproduisent la une du journal français. Et en Jordanie, l'opposition islamiste a appelé Charlie Hebdo à présenter des « excuses ».
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Le journal croque en une un Mohammad en...


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Bien loin d'être un ardent défenseur de la ligne "Charlie-Hebdo" il me faut cependant reconnaître que le dessin en une du nouveau numéro n'a rien d'insultant, bien au contraire.
07 h 21, le 15 janvier 2015