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Économie - Focus

Vulnérable, l’économie grecque veut un gouvernement, et vite

La Grèce a renoué avec la croissance au deuxième trimestre 2014 après six ans de récession au cours desquels elle a perdu un quart de son PIB. Louisa Gouliamaki /AFP

L'économie grecque ronge son frein en espérant la formation rapide d'un gouvernement, après les législatives du 25 janvier, pour prendre les commandes d'un pays aux équilibres financiers fragiles.
« Les banques avaient recommencé à bouger un peu, au service des entreprises, mais tout est gelé jusqu'aux élections », observe Haris Makriniotis, dont le think tank « Endeavor » conseille les créateurs d'entreprises.
« Le plus important pour le monde économique, souligne-t-il, c'est la formation rapide d'un gouvernement, quel qu'il soit, et surtout pas de second scrutin », inévitable en cas d'absence de majorité parlementaire après le 25 janvier.
Le parti de gauche Syriza est donné en tête des intentions de vote du scrutin législatif face au parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie (ND), du Premier ministre Antonis Samaras.
« Nous ne sommes pas la Belgique, nous ne tiendrons pas des mois sans gouvernement », avertit Vassilis Korkidis, chef de la Confédération du commerce grec, selon qui « le climat ne saurait être plus négatif pour le commerce », malgré Noël et les soldes.
La Grèce a renoué avec la croissance au deuxième trimestre 2014 après six ans de récession au cours desquels le pays a perdu un quart de son PIB. Le budget table sur une progression de 2,9 % du PIB en 2015.

Bombes à retardement
Pour le gouvernement d'Antonis Samaras, qui gouverne avec les socialistes depuis juin 2012, le programme de Syriza tuerait dans l'œuf l'amorce de reprise, marquée notamment par la réalisation depuis 2013 d'un excédent budgétaire primaire – c'est-à-dire que les caisses publiques se remplissent plus qu'elles ne se vident si on exclut la charge de la dette – ou la multiplication par trois des investissements étrangers sur les huit premiers mois de 2014.
La Grèce est également passée de la 91e à la 81e place du classement sur la compétitivité du Forum économique mondial, a simplifié les démarches administratives en informatisant les services et progressé dans l'absorption, longtemps médiocre, des fonds européens.
Ces chiffres, pour Syriza, cachent une reprise en trompe-l'œil, semée de bombes à retardement : un taux moyen de créances douteuses de 35 % pour les quatre principales banques du pays, qui assèche les liquidités disponibles pour les entreprises ; les impayés des particuliers et entreprises envers l'État multipliés par plus de deux depuis 2009 et qui dépassent 70 milliards d'euros, quand les impayés envers les caisses d'assurance sociale atteignent 13,5 milliards et ceux d'électricité augmentent de 30 % par an.
La production industrielle est toujours en berne (elle a encore baissé de 2,6 % sur les 11 premiers mois de 2014 par rapport aux 11 premiers de 2013) et les performances des exportations de biens médiocres.

« Fragile »
« Le début de stabilisation économique est d'abord dû aux excellentes saisons touristiques 2013 et 2014 », notait l'économiste Jens Bastian dans un rapport pour la Fondation Friedric Herbert en novembre.
« Ces prémices de reprise sont trop fragiles et pas assez diffusées dans tous les secteurs de l'économie », observait-il encore.
Plus sévère, Syriza y voit une « impasse » qui nécessite un allègement de l'énorme dette du pays pour lui permettre de retrouver une marge de manœuvre budgétaire. Selon le gouvernement, la dette a dû atteindre son pic en 2014 à 177,7 % du PIB contre 130 % en 2009.
Athènes vit depuis 2010 sous perfusion de ses créanciers internationaux qui se sont engagés à lui prêter environ 240 milliards d'euros en échange d'une austérité drastique.
Cette rude négociation avec les détenteurs de la dette grecque, majoritairement les banques centrales européennes, sera l'un des premiers chantiers du parti s'il arrive au pouvoir, parallèlement à un catalogue de mesures pour affronter « la crise humanitaire » dans le pays.
Syriza chiffre ces mesures à 12 milliards, son adversaire de droite au double.
« Pour le reste, on ne peut pas dire que Syriza s'inscrive purement dans une politique de relance keynésienne, analyse Napoleon Maravegias, professeur d'économie à l'université d'Athènes. Ils parlent aussi d'améliorer la concurrence, de soutenir l'investissement des petites et moyennes entreprises. C'est un mélange, on verra à l'épreuve des faits et des éventuelles alliances nécessaires. »
Sophie MAKRIS/AFP

L'économie grecque ronge son frein en espérant la formation rapide d'un gouvernement, après les législatives du 25 janvier, pour prendre les commandes d'un pays aux équilibres financiers fragiles.« Les banques avaient recommencé à bouger un peu, au service des entreprises, mais tout est gelé jusqu'aux élections », observe Haris Makriniotis, dont le think tank « Endeavor » conseille les créateurs d'entreprises.« Le plus important pour le monde économique, souligne-t-il, c'est la formation rapide d'un gouvernement, quel qu'il soit, et surtout pas de second scrutin », inévitable en cas d'absence de majorité parlementaire après le 25 janvier.Le parti de gauche Syriza est donné en tête des intentions de vote du scrutin législatif face au parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie (ND), du Premier ministre...
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