Le Premier ministre libyen Abdallah al-Thenni. Reuters/ Stringer
Le Premier ministre libyen Abdallah al-Thenni exhorte la communauté internationale à accroître son soutien, notamment militaire, pour combattre la menace grandissante des jihadistes de l'État islamique. « La communauté internationale mène une offensive contre les jihadistes en Syrie et en Irak, mais en Libye, seul l'État, avec l'armée, combat les groupes terroristes et il ne reçoit aucune aide », a déploré M. al-Thenni dans un entretien à l'AFP. Ainsi, le Premier ministre a lancé cet appel à quelques jours d'une réunion à Genève sous l'égide de l'Onu des parties en conflit en Libye. Pour rappel, ce pays est dirigé par deux gouvernements qui se disputent le pouvoir à distance, l'un reconnu par la communauté internationale siégeant à al-Baïda (Est) et l'autre proche des miliciens de Fajr Libya (Aube de la Libye) contrôlant Tripoli. Elle est également dotée de deux Parlements. De fait, le gouvernement de M. Thenni, privé d'importants moyens, ne contrôle que certaines zones de l'est et de l'ouest du pays.
Néanmoins, ce dernier affirme qu'il est de son devoir d' « imposer par tous les moyens la légitimité de son gouvernement sur le terrain et de protéger la population contre les groupes terroristes » qui opèrent notamment dans l'est, où de puissantes milices et des groupes jihadistes se sont implantés. Par conséquent, pour combattre cette menace, il appelle la communauté à « fournir une assistance à l'armée et aux institutions du gouvernement » et « lever l'embargo sur les armes », imposé par l'Onu depuis 2011.
« Pas à la même table »
De ce fait, profitant de ces troubles, des groupes islamistes chassés du Mali se sont installés dans le sud de la Libye d'où ils opèrent en toute impunité, selon des sources françaises. Des combattants revendiquant des liens avec l'EI se sont, pour leur part, implantés à Derna avec la volonté de créer un « émirat islamique ».
C'est pourquoi, plusieurs pays tirent depuis des mois la sonnette d'alarme, comme la France ou le Niger et le Tchad, des pays voisins qui ont ouvertement appelé à une intervention militaire étrangère.
Récemment, le président François Hollande a écarté l'idée d'une intervention militaire française en Libye, jugeant qu'il revenait d'abord pour l'instant « à la communauté internationale de prendre ses responsabilités » dans ce pays.
De son côté, l'Onu tente de créer les conditions d'un tel dialogue et a initié la réunion prévue à son siège à Genève, mais son issue semble très incertaine vu l'ampleur des divisions.
Cependant, aucun détail n'a jusqu'à présent été donné sur la date exacte de la réunion et sur les délégations devant y participer. M. Thenni a d'ores et déjà prévenu que son gouvernement « participera à tout dialogue sérieux visant à sauver le pays, mais ne s'assoira pas à la même table avec des représentants de groupes armés ayant défié l'État et brandi les armes contre le gouvernement ».

