Les jeunes du PNL et du PSP, ensemble, samedi, solidaires de Charlie Hebdo (photo Marwan Assaf).
Samedi, place Samir Kassir, c'est la section estudiantine du Parti national libéral (PNL) qui avait appelé, en coordination avec le Parti socialiste progressiste (PSP), à un rassemblement en solidarité avec Charlie Hebdo.
Plusieurs banderoles et calicots avaient été brandis par les jeunes. On pouvait y lire : « Je suis Charlie, je suis libre, je suis libanais » et « Je suis Charlie, je suis Gebran (Tuéni) et Samir (Kassir) », ou encore « Je suis Charlie, je suis May Chidiac ».
Les manifestants ont allumé des cierges à la mémoire des journalistes assassinés.
« En dépit de notre gêne, en tant que jeunes, face à l'atteinte aux symboles religieux à travers les caricatures publiées dans Charlie Hebdo, et, en dépit du fait que lorsque plusieurs de nos journalistes et hommes politiques sont tombés, aucun peuple du monde ne s'est tenu à nos côtés, nous avons décidé, en tant que jeunesse libanaise, de faire preuve de solidarité avec les libertés, quel que soit le pays visé », a indiqué le responsable des jeunes du PNL, Simon Dergham, dans une allocution.
« Le Liban de Camille Chamoun et de Kamal Joumblatt, symbole du partenariat national, et qui a longtemps souffert du terrorisme, auquel il a fait face dans les circonstances les plus terribles, se solidarise aujourd'hui avec des peuples qui luttent pour la liberté, a poursuivi M. Dergham. Le terrorisme, qui a frappé le Liban auparavant et qui continue de frapper le monde arabe jusqu'en Europe, doit être combattu par une position internationale unissant les chefs d'État d'Orient et d'Occident, en diffusant de nouvelles idées fondées sur la convivialité face au projet visant à diviser et semer la discorde sectaire. »
« Nous ne pouvons pas, chrétiens et musulmans, vivre ensemble au sein d'une même patrie, tant qu'une communauté bien déterminée est accusée d'être à la source du terrorisme. Le terrorisme n'a ni couleur, ni religion, ni nationalité. Il s'agit d'une idéologie qu'il faut extirper à travers l'unité, pour rendre à chaque communauté sa liberté d'expression », a-t-il conclu.
De son côté, le responsable de la Jeunesse progressiste, Saleh Houdaïfi, a souligné que le rassemblement était placé sous le signe de la solidarité avec les libertés. « Si le respect de la liberté d'expression et d'opinion est sacro-saint, et que nous nous y rattachons, le respect de ce qui est sacré fait partie des constantes auxquelles l'on ne saurait porter atteinte. Tout comme nous rejetons l'atteinte à tout symbole religieux, nous n'acceptons pas l'atteinte à la liberté de la presse, et la réponse à une atteinte, quelle que soit son ampleur, par un meurtre, est inacceptable. Les atteintes à la religion ne sauraient justifier le recours au meurtre, que toutes les religions condamnent », a indiqué M. Houdaïfi.

