Une minute de silence a été observée hier à midi. Ici, à Toulouse. Rémy Gabalda/AFP
Des milliers de personnes se sont à nouveau réunies hier à Paris, mais aussi dans d'autres villes d'Europe, de Lisbonne à Moscou, pour dénoncer l'attaque à Charlie Hebdo. La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et de nombreux autres élus de toutes tendances ont placé une bougie au pied de la statue symbolisant la République au centre de la place du même nom, auprès des nombreux bouquets, portraits ou dessins déposés depuis mercredi soir. « On sent que ce qui s'est passé hier est un acte d'abord tragique, mais qui vise à fragiliser la démocratie, à fragiliser la République, donc les Parisiens ont aussi besoin de se tenir ensemble debout, de se serrer les coudes », a déclaré la maire. Pendant ce temps, des manifestants brandissaient des pancartes proclamant « Je suis Charlie » ou encore des stylos, en symbole de la liberté de la presse, tandis que des jeunes escaladaient le piédestal de la statue au milieu de la place, scandant « On n'a pas peur ! », « Liberté d'expression ! » ou encore « Vive la République ! ». De plus, des drapeaux tricolores étaient agités au milieu de la foule et certains entonnaient la Marseillaise.
Hors de France, des milliers de personnes se sont rassemblées hier notamment aux Pays-Bas, à La Haye et à Rotterdam, brandissant des pancartes clamant « Non à l'extrémisme ». « Ce soir, je suis parisien et je suis Charlie, ce soir, nous sommes parisiens et nous sommes tous Charlie », a déclaré le maire de Rotterdam, Ahmad Aboutaleb, s'exprimant en français. Plusieurs milliers de personnes aussi devant l'ambassade de France à Rome, un millier à Athènes, 500 à Genève et à Lisbonne, 400 à Francfort et quelques centaines à Prague, Budapest, Belgrade et Zagreb. De nombreux Russes ont défilé devant l'ambassade de France à Moscou, où une centaine de personnes s'étaient rassemblées, pour déposer des fleurs.
La tour Eiffel éteinte
Plus tôt dans la journée, c'était la minute de silence dans les services publics et les écoles, métros et bus à l'arrêt, cloches sonnant le glas : la France s'est figée hier à midi dans la même douleur et le même recueillement. Ainsi, à 11h00 GMT, du président de la République aux enfants des écoles, à Paris et en province, le pays s'est arrêté pour rendre hommage dans un même élan aux 12 victimes de la tuerie qui a décimé la veille la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo.
Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris dont les cloches sonnaient le glas, des dizaines de personnes, certaines en pleurs, ont brandi sous une pluie battante un crayon, symbole de la lutte pour la liberté d'expression unanimement défendue en France depuis l'attaque. « Quand on attaque la presse, on attaque la liberté. C'est le pays de Voltaire, de Zola... Il faut se battre pour la liberté d'expression », dit Jean-Paul Doussin, un vieux monsieur qui s'est découvert, le béret à la main, malgré la pluie drue. De même, bus et métros de la capitale se sont arrêtés pour participer à l'émotion générale et certains commerces ont interrompu leurs ventes. À la gare Saint-Lazare à Paris, un message appelle au recueillement avant un coup de sifflet : des centaines de personnes s'arrêtent de marcher et restent figées.
L'air grave, le président François Hollande a observé devant les caméras une minute de silence dans une cour de la préfecture de police de Paris, entouré d'une centaine de policiers en tenue. Et sur les réseaux sociaux ou par texto, certains appelaient à une opération bougies aux fenêtres pour hier soir afin d'envoyer un « message de paix, pour la liberté ».
Enfin, à 20h00 heure locale, les lumières de la tour Eiffel se sont éteintes en hommage aux victimes.
Marie GIFFARD
et Rémi BANET / AFP


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