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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Soudain, la frénésie du dialogue...

« Quand je délibère, les jeux sont faits » (J.P.Sartre)

En lisant la presse des dernières semaines, on est saisi par ce désir soudain de rapprochement et de dialogue formulé par des formations politiques ayant agi depuis dix ans aux antipodes les unes des autres. Tous les citoyens de ce pays ont naturellement applaudi une si louable initiative, car ils y ont vu une perspective possible de désescalade et une ébauche potentielle de normalisation. Mais en analysant les faits qui ont poussé à la tenue de telles rencontres, deux problématiques différentes apparaissent et laissent les lecteurs perplexes quant à l'aboutissement de ce processus.
En prenant connaissance tout d'abord de l'ordre du jour prévu pour le dialogue du Moustaqbal avec le Hezbollah, le contenu paraît relativement «très épuré» et pour cause...Il y est surtout question de construire des remparts de protection sunnito-chiites et de «rabibocher» superficiellement et temporairement des rapports politiques interrompus entre eux depuis plus de dix ans, plutôt que d'élaborer une véritable feuille de route pour réhabiliter la République et relancer l'État des institutions. L'allégeance totale et inconditionnelle du Hezb à la République islamique d'Iran reste la cause fondamentale de cette incapacité à avoir un discours et un débat national commun, d'où la première problématique. Le second dialogue en gestation, entre les FL et le CPL, est d'un autre genre, car il pourrait, dans son ordre du jour, envisager de débattre et de régler des sujets de fond qui favoriseraient peut-être une meilleure santé de la République, mais sans certitude définitive, car deux facteurs de discorde importants continuent à planer encore à l'ombre de cette rencontre, la campagne présidentielle et l'allié chiite du CPL, d'où la seconde problématique.
Comment alors interpréter ces deux démarches et ce même momentum? S'agit-il d'une véritable prise de conscience individuelle de la part de chacun des partis en question et d'un désir sérieux de réévaluer leurs positionnements politiques au niveau national, ou d'une inquiétude réelle due aux bouleversements en cours, ou d'une simple action pour gagner du temps? Pourrait-il s'agir sinon d'un artifice pour rectifier leurs options politiques internes en fonction des besoins et des intérêts des axes stratégiques auxquels ils appartiennent? Il est encore trop tôt pour apporter un jugement objectif et définitif, tant sur les intentions que sur les résultats à venir. Mais il est évident que les derniers développements liés à l'apparition inattendue de Daech dans le panorama régional ont bouleversé les donnes et amené tous les acteurs à revoir leurs attitudes et leurs rapports avec les autres.
À cette étape des événements et des dialogues en cours, une phrase de J.P.Sartre me vient à l'esprit, il dit: «Quand je délibère, les jeux sont faits. » Pour lui, l'homme se définit par ses actions et son existence, il est donc pleinement responsable et il doit assumer ses actes par l'engagement politique. Pour lui, la délibération est un acte volontaire et, de ce fait, elle devient possible. La discussion du pour et du contre permet de prendre enfin la décision qu'il faut. Il faut toutefois savoir que l'indécision est en fait une décision de ne pas accomplir l'acte envisagé, comme l'excès de délibération est souvent le propre des faibles. À la lumière de cette conception sartrienne peut-on conclure que les dialogues en cours seront enfin capables de libaniser les décisions nationales, clore les dernières pages de la guerre du Liban et ramener la paix et la stabilité à cette terre message..., les prochains mois feront probablement apparaître les motivations de chacune des parties engagées dans ce processus, mais les premiers indices montrent que les événements régionaux du moment prennent le dessus sur la volonté sincère et exclusive de tous de reconstruire ensemble une République libre, indépendante et souveraine, car la scène géopolitique locale reste malheureusement un passage obligé et privilégié des décideurs internationaux!

Salim F. DAHDAH

« Quand je délibère, les jeux sont faits » (J.P.Sartre)
En lisant la presse des dernières semaines, on est saisi par ce désir soudain de rapprochement et de dialogue formulé par des formations politiques ayant agi depuis dix ans aux antipodes les unes des autres. Tous les citoyens de ce pays ont naturellement applaudi une si louable initiative, car ils y ont vu une perspective possible de désescalade et une ébauche potentielle de normalisation. Mais en analysant les faits qui ont poussé à la tenue de telles rencontres, deux problématiques différentes apparaissent et laissent les lecteurs perplexes quant à l'aboutissement de ce processus.En prenant connaissance tout d'abord de l'ordre du jour prévu pour le dialogue du Moustaqbal avec le Hezbollah, le contenu paraît relativement «très épuré» et pour cause...Il y est...
commentaires (1)

La Partition de ce pays, est-ce 1 perspective qui effraye ? Qui désole ? Cela désolerait en tout cas les musulmans Sains tant sunnites que chïïtes. Et ils auraient le sentiment d’être un peu apatrides ! Avec leur parcours, leur identité est construite sur cette dualité, cette tension confessionnelle, culturelle. Oui, c’est constitutif de leur identité ! Si ce pays venait à sauter, ils croient qu’ils seraient perdus. A qui se rallier dans ce cas ? Le Liban a vocation aux brassages. C’est 1 petite nation coincée entre des grandes, forcée à l’ouverture, à la bâtardise et au multi-confessionnalisme. Cela semble tellement triste que l’on perde ça ! Mais cette Cantonalisation n’est + un tabou aujourd’hui. Cela surprend ? Cela tétanise ? Cela met mal à l’aise les Sains en tout cas. On a très longtemps cru que l’on parlotait, mais que cela ne se ferait pas à cause de la situation de Beyrouth. Qui, en fait, ne se porterait pas + mal en tant que capitale fédérale pour tout ce toutim ! Le fait que l’on en parle…. Oui, on se sent en effet déjà un peu apatride à cette idée. Et on ne sait pas à quel point ces gens-là ont envie réellement de ça. La dernière nuit de ce bled, alors, ce serait une soirée funéraire ? Ou un dernier bal explosif ? En tous cas, cela se continuera toujours avec le même train, train. On est sunnite ou chïïte, parce que bâbâh woû mâmâh l’ont toujours été. Avec, maybe(h), l’une ou l’autre mixité suite à un hypothétique…. mariage-brassage mixé ; même de convenance.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

09 h 39, le 06 janvier 2015

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Commentaires (1)

  • La Partition de ce pays, est-ce 1 perspective qui effraye ? Qui désole ? Cela désolerait en tout cas les musulmans Sains tant sunnites que chïïtes. Et ils auraient le sentiment d’être un peu apatrides ! Avec leur parcours, leur identité est construite sur cette dualité, cette tension confessionnelle, culturelle. Oui, c’est constitutif de leur identité ! Si ce pays venait à sauter, ils croient qu’ils seraient perdus. A qui se rallier dans ce cas ? Le Liban a vocation aux brassages. C’est 1 petite nation coincée entre des grandes, forcée à l’ouverture, à la bâtardise et au multi-confessionnalisme. Cela semble tellement triste que l’on perde ça ! Mais cette Cantonalisation n’est + un tabou aujourd’hui. Cela surprend ? Cela tétanise ? Cela met mal à l’aise les Sains en tout cas. On a très longtemps cru que l’on parlotait, mais que cela ne se ferait pas à cause de la situation de Beyrouth. Qui, en fait, ne se porterait pas + mal en tant que capitale fédérale pour tout ce toutim ! Le fait que l’on en parle…. Oui, on se sent en effet déjà un peu apatride à cette idée. Et on ne sait pas à quel point ces gens-là ont envie réellement de ça. La dernière nuit de ce bled, alors, ce serait une soirée funéraire ? Ou un dernier bal explosif ? En tous cas, cela se continuera toujours avec le même train, train. On est sunnite ou chïïte, parce que bâbâh woû mâmâh l’ont toujours été. Avec, maybe(h), l’une ou l’autre mixité suite à un hypothétique…. mariage-brassage mixé ; même de convenance.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 39, le 06 janvier 2015

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