La monoplace Caterham-Renault du pilote japonais Kamui Kobayashi est violemment sortie de piste au départ du Grand Prix de Melbourne, en Australie, le 16 mars dernier. La saison 2014 de F1 a été ainsi marquée par divers accidents spectaculaires, mais le plus mémorable restera celui de Jules Bianchi, le jeune pilote français de l’écurie Marussia qui lutte contre la mort plongé dans un profond coma. Saeed Khan/AFP
Alors que cette année 2014 dramatique est sur le point de prendre fin cette nuit, deux pilotes de formule 1, Jules Bianchi et Michael Schumacher, continuent la course la plus importante de leur vie : une épreuve contre la mort qu'ils veulent faire durer le plus longtemps possible.
L'un a 25 ans, il est hospitalisé à Nice, sa ville natale, et pourrait être le fils de l'autre, jeune retraité de 45 ans qui « dort » dans la propriété familiale, à Gland, sur les bords du lac Léman. Ils sont tous les deux dans le coma, plus ou moins profond, et aucune information précise ne filtre sur leur état de santé, secret médical oblige. Seulement des messages de remerciement aux fans de tout âge, dans le monde entier. L'Allemand vivait une retraite bien remplie quand il est tombé à ski, fin décembre 2013 à Méribel, après avoir heurté une pierre dans un secteur hors piste, sans danger apparent. Le Français roulait vite, au 43e tour du Grand Prix du Japon, le 5 octobre dernier, quand sa Marussia à moteur Ferrari est sortie de la piste sur le circuit de Suzuka, sous la pluie, à la nuit tombante. Le plus âgé, « Schumi », a été sept fois champion du monde de F1. Le plus jeune, Jules, aurait pu le devenir un jour. En dehors de leurs accidents bien différents, les points communs sont nombreux entre Schumacher et Bianchi. Il y a la famille Todt, car le père Jean, président de la Fédération internationale de l'automobile (Fia), dirigeait la Scuderia quand « Schumi » dominait la F1, de 2000 à 2004. Et le fils, Nicolas Todt, était l'agent de Jules quand le destin du pilote niçois a basculé. Autre point commun, l'émotion suscitée par leurs accidents, dus tous les deux à un concours inédit de circonstances, un cocktail effrayant de petits et gros détails, comme la caméra sur le casque de Schumi et le typhon dans les parages du circuit de Suzuka. Qu'on appelle ça de la malchance ou la fatalité, le résultat est le même : accident, choc, traumatisme, lésion, coma.
Mais l'essentiel est ailleurs : il est dans l'espoir des deux familles que se produise un jour un miracle médical. Dans un délai que plusieurs médecins sérieux fixent, avec toutes les précautions d'usage, entre six mois et trois ans. Parallèlement à ces drames, le pilote britannique Lewis Hamilton a été sacré champion du monde de F1, pour la seconde fois après 2008, lors de l'ultime Grand Prix à Abou Dhabi le dimanche 23 novembre, à l'issue d'une saison captivante largement dominée par son écurie Mercedes-AMG (champion du monde des constructeurs) et d'un duel serré sans merci, aux rebondissements multiples, avec son coéquipier allemand Nico Rosberg. En outre, cette saison 2014 a été entachée par les problèmes financiers de diverses petites écuries ainsi que par le dépôt de bilan et la liquidation judiciaire de deux d'entre elles : Caterham et Marussia.
(Source : AFP)

