L’opération de sauvetage du ferry Norman Atlantic. HO/Marina militaire/AFP
L'incendie du ferry Norman Atlantic a officiellement fait 13 morts, mais sans doute davantage en raison de la présence désormais « établie » de clandestins à bord et du manque de fiabilité de la liste des passagers.
L'épave du ferry, une fois récupérée, révélera probablement d'autres victimes, a averti hier le procureur de Bari (Sud-Est), Giuseppe Volpe, responsable de l'enquête ouverte sur les circonstances du drame. La présence de clandestins à bord est désormais certaine car trois d'entre eux ont été identifiés, deux Afghans et un Syrien, qui a demandé l'asile politique, a indiqué le procureur. Mais il y en avait sans doute bien davantage cachés dans les nombreux camions transportés par le Norman Atlantic, a-t-il expliqué. Or, l'incendie s'est déclenché au niveau des ponts inférieurs, là où étaient garés ces camions. À cette incertitude viennent aussi s'ajouter les interrogations sur d'éventuels disparus, faute de connaître le nombre exact de passagers se trouvant à bord du ferry dimanche quand le drame a eu lieu au large de l'Albanie. Seul fait avéré, 427 personnes, dont les 56 membres d'équipage, ont été sauvées des flammes à l'occasion d'une opération de sauvetage « sans précédent », selon les autorités italiennes.
La liste d'embarquement du navire, battant pavillon italien et affrété par la compagnie grecque Anek, faisait état dans un premier temps de 478 personnes à bord, dont 422 passagers, mais la compagnie a ramené ce chiffre lundi soir à 475. Lundi soir, le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi, ne cachait pas ses « doutes » sur l'exactitude de ce manifeste d'embarquement.
Panique à bord !
Sur les 371 passagers récupérés sur le ferry, 234 sont grecs, 54 turcs, 22 albanais, 22 italiens et 10 de nationalité suisse, sans compter d'autres nationalités... et deux chiens également récupérés. « C'était la panique à bord car on était plus de 400 personnes à devoir sortir par une unique sortie de secours », a raconté d'une voix émue une jeune femme grecque, Urania Thiréou, hébergée à l'hôtel Nettuno de Brindisi (Sud-Est), après avoir été secourue sur le ferry. D'autres, comme la cantatrice grecque Dimitra Theodossiou, ont dénoncé devant la presse la brutalité de certains passagers, déterminés à embarquer les premiers, y compris par la force. Les autorités judiciaires entendront le commandant et l'armateur pour « naufrage » et « homicides involontaires ».
Par ailleurs, la justice italienne, et albanaise, va désormais s'efforcer d'éclaircir les circonstances de ce drame et désigner les responsables, alors que des passagers ont dénoncé le manque de préparation de l'équipage.
Le parquet de la Cour suprême grecque a, quant à lui, ordonné hier une enquête judiciaire pour déterminer les causes de l'incendie. Le ferry a déjà été placé sous séquestre et devrait être remorqué vers le port italien de Brindisi. « Il appartient à la justice de faire la lumière sur les causes de l'accident », a déclaré le Premier ministre italien Matteo Renzi, à Tirana, à l'occasion d'une brève visite en Albanie hier après-midi.

