Le marché du Moyen-Orient est, a toujours été et restera un partenaire privilégié du Liban. Nos échanges commerciaux avec les pays arabes et leurs investissements ont continuellement aidé à notre développement interne et à notre croissance locale. Nous tenons et comptons largement sur ce marché propice ; toutefois, les dernières années passées nous ont clairement montré que lorsque nous subissons un boycott sécuritaire ou même politique de la part de nos partenaires arabes, notre économie en pâti et nos entreprises paient un prix très lourd hors contrôle.
Il est donc clair que nos chefs d'entreprise libanais – tous secteurs confondus – et nos investisseurs sont à la recherche de nouveaux marchés à potentiel élevé et à forte croissance...
Cela dit, la région du Mercosur, étant très riche en ressources naturelles et financières, pourrait être considérée comme un des regroupements économiques les plus importants du monde.
Elle dispose de nombreuses opportunités d'investissements attractifs vu que la consommation et la demande sont en croissance continue et que ce marché est en expansion régulière... Il constitue donc un parfait partenaire aux chefs d'entreprise libanais à la recherche de nouveaux horizons et opportunités.
Aussi, nous vivons une aire avancée de la globalisation où les frontières disparaissent et les distances ne sont plus un handicap : il nous est crucial de bâtir et de développer des relations privilégiées avec cette région et faire partie du marché commun du Mercosur. Cette opportunité constitue pour nous une porte en « or » vers un continent, une partie du monde avec un marché colossal où nous pourrions trouver notre place en nous basant sur nos avantages compétitifs et nos produits de niches, de qualité, et sur nos idées innovatrices qui parcourent le monde.
Un très grand nombre de nos frères libanais nous ont devancés vers cette région depuis des décennies et de nombreuses générations se sont succédé. Ils ont fièrement réussi et ont participé à la croissance de ces pays. Ils font désormais partie de leur culture, économie, et même de la vie politique de ces pays. Notre communauté d'expatriés libanais en Amérique latine et précisément au Brésil est la plus grande dans le monde. Nous devons nous baser sur cet immense atout pour dynamiser nos échanges et partenariats commerciaux et économiques et intégrer le Mercosur.
L'Union européenne, la Chine et de nombreux pays ont déjà entamé sérieusement les négociations d'adhésion. Des pays limitrophes nous ont même devancés, ont finalisé et signé leur participation avec ce marché depuis 2007.
Notre petit pays devrait être perçu aussi par les pays membres du Mercosur comme une porte en « or » ou même en « diamant » pour toute la région du Moyen-Orient. Nous sommes une petite économie, certes, mais notre marché réel va bien au-delà de nos frontières, couvre toute la région Mena et restera toujours la plaque tournante de la région.
Il nous est crucial et même vital de bâtir des ponts solides avec ce marché colossal du Mercosur qui regroupe plus de 242 millions de personnes et représente 44 % de l'Amérique latine et 59 % de son territoire.
Promouvoir nos échanges économiques et commerciaux ne devrait pas être un choix facultatif mais un objectif clair et déterminé pour bâtir des synergies constructives et aider les entrepreneurs de nos régions à se développer et croître.
Pour conclure, je peux vous assurer et réitérer que le secteur privé libanais a toujours été indépendant des tensions politiques ambiantes et s'est toujours développé dans un environnement instable et précaire. Quelles que soient les difficultés, les chefs d'entreprise libanais ont été et seront toujours les premiers à trouver les opportunités enfouies à travers les crises et prouveront toujours au monde leur résilience, leur force et leur rapidité d'adaptation.
Nous sommes ouverts et comptons beaucoup sur cette nouvelle opportunité, ce nouveau marché, ce nouveau partenariat productif avec le Mercosur pour nous développer contre vents et marées.
Fouad ZMOKHOL
Président du Rassemblement de dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL)

