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Le bénévolat au Liban : l’Usek fait le tour de la question

À l'occasion de la Journée internationale du bénévolat, la faculté des sciences humaines et de philosophie de l'Usek a organisé, le vendredi 5 décembre, l'événement : « Bénévolat et action bénévole », en présence de l'ancien ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud.

Maya KHADRA | OLJ
19/12/2014

La Journée internationale du bénévolat, instituée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1985, est une halte annuelle consistant à rappeler la grande importance de l'action bénévole. Pour l'artiste et philosophe québécois Raôul Duguay, « Bravo et merci » sont les deux mots les plus motivants qu'il connaisse. Pour tout bénévole aussi. L'action sociale volontaire n'est point une tâche monnayée et marchandée. C'est dans cet esprit que l'événement organisé par la faculté des sciences humaines et de philosophie de l'Université Saint-Esprit de Kaslik a été inauguré à l'auditorium Jean el-Hawa. La doyenne de la faculté des sciences humaines et de philosophie, Mme Hoda Nehmé, a mis l'accent sur l'urgence de la question du bénévolat, processus social qui devrait gagner en amplitude : « Célébrer la Journée internationale du bénévolat va de pair avec l'affranchissement de tout un chacun de son isolement social et la diffusion de la joie de vivre aussi bien que de l'espoir auprès des jeunes générations. » En effet, l'insouciance qui gagne les jeunes et leur manque d'engagement deviennent de plus en plus endémiques. L'ancien ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, partage cette crainte. Devant une assistance constituée de présidents de municipalités, d'enseignants universitaires et de jeunes étudiants, il a comparé le pourcentage de l'engagement de la jeunesse française dans l'action bénévole à celui qu'on trouve au Liban : « Un jeune sur trois en France se porte bénévole afin de contribuer à huiler les rouages de l'action sociale, alors qu'au Liban, le taux d'engagement laisse à désirer et atteint, dans les meilleures conditions, 10 % ! » Pourcentage qui n'est que de 2 % quand il s'agit d'action sociale au sein des municipalités au Liban, d'après Mme Mirna Abboud-Mzawwak, chef du département des sciences sociales à l'Usek. Cependant, en mettant en branle il y a un an déjà l'initiative « Baladiyyat » consistant à intégrer les jeunes universitaires dans l'action sociale par le truchement de cours intégrés aux programmes d'étude, Mme Abboud-Mzawwak assure que ce taux de « désengagement » est en perpétuel recul étant donné que « 75 % des étudiants du département de sciences sociales ont assuré 1 080 heures d'action bénévole au niveau des municipalités, des facultés de l'Usek, aussi bien qu'au niveau des institutions publiques et privées comme Sesobel, Kunhadi, Caritas, JAD, Fair Trade Lebanon, etc. ». Pourcentage assez élevé qui ferait écho, d'après M. Baroud, à la mobilisation dont on témoignait naguère dans les villages libanais quand il s'agissait de bâtir une maison. « Les villageois s'attroupaient sur la place du village afin de coordonner leurs efforts. Ils se portaient volontaires pour construire, pierre après pierre, une nouvelle demeure », a-t-il rappelé sur un ton anecdotique. C'est ce qui génère, envers et contre tout, l'esprit de solidarité et de paix tant prisé par les jeunes bénévoles de l'Usek, dont Cynthia Tahan qui confie : « Le travail bénévole m'a procuré une paix intérieure et un bonheur indicible. C'est dans un mouvement mutuel que l'on vient à l'aide d'un vieillard ou d'un handicapé. À l'aboutissement de mon action, je ne savais plus qui aidait qui. C'est auprès des handicapés que j'ai appris, par exemple, que j'avais besoin d'aide moi aussi. » Pour Yorgo Younès, jeune bénévole de l'Usek, le travail de bénévolat a un impact réformateur sur la société. Il souligne qu' « une société où les jeunes ne sont pas actifs ressemble à un grand corps malade. C'est grâce aux longues heures qu'on passait auprès des handicapés que l'engrenage de la société libanaise pourra tourner dans le bon sens. Je suis fortement convaincu par cette citation de Lao-Tseu qui dit : "Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas". »
En clôture, M. Baroud a distribué des attestations aux étudiants qui ont œuvré auprès de leur département de sciences sociales à promouvoir l'action bénévole dont le grand titre a été : « Tous réunis pour un bonheur partagé ! ».

Maya KHADRA

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