Au centre culturel, installé dans le complexe du lycée franco-afghan Esteqlal, l’une des écoles les plus connues et réputées du pays, le kamikaze s’est fait exploser en fin d’après-midi au milieu des spectateurs qui assistaient à une pièce de théâtre. Mohammad Ismail/Reuters
Un kamikaze a attaqué hier le Centre culturel français de Kaboul, faisant au moins un mort et une vingtaine de blessés.
Au centre culturel, installé dans le complexe du lycée franco-afghan Esteqlal, l'une des écoles les plus connues et réputées du pays, le kamikaze s'est fait exploser en fin d'après-midi au milieu des spectateurs qui assistaient à une pièce de théâtre. L'attentat a été revendiqué par le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid dans un e-mail envoyé aux médias. Il a déclaré que la pièce de théâtre en question « désacralisait les valeurs de l'islam » et représentait « de la propagande contre le jihad ». Ce lieu symbole de la coopération culturelle franco-afghane, situé dans le centre de la capitale et tout près du palais présidentiel, avait été récemment refait à neuf par la France. Et les bilans donnés dans la soirée faisaient état d'un mort et de 15 à 20 blessés, selon le ministère de l'Intérieur et la police, qui n'ont pas précisé leurs nationalités.
À Paris, le président français François Hollande a « condamné » cet acte « odieux », selon un communiqué de l'Élysée. « En prenant pour cible ce lieu de dialogue, c'est la culture et la création que les terroristes ont visées », a-t-il ajouté. « Aucune victime française n'est à déplorer », a pour sa part précisé son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en parlant de son côté de plusieurs morts et de nombreux blessés. « L'ambassade de France est mobilisée aux côtés des autorités afghanes pour porter secours aux blessés », a-t-il ajouté.
L'assaillant, un adolescent de 15 à 17 ans, était rentré en dissimulant les explosifs sous ses habits, selon la police. L'explosion a rempli l'auditorium de fumée et provoqué une évacuation en urgence des spectateurs au milieu des débris de verre et autres, selon des témoins. La zone a rapidement été bouclée par les forces de l'ordre locales.
Pour rappel, financé par Paris, le lycée Esteqlal a appris le français à plusieurs générations d'Afghans, dont le plus célèbre fut le héros de la résistance contre les Soviétiques, Ahmad Shah Massoud.
2015, année très incertaine
En outre, plus tôt dans la journée, un autre attentat-suicide, également revendiqué par les rebelles talibans, avait tué six soldats dans les faubourgs de Kaboul, où les attaques contre les forces afghanes et les étrangers se sont multipliées ces dernières semaines.
Ces attaques interviennent un peu plus de deux semaines avant la fin de la mission de combat de l'Otan en Afghanistan et au surlendemain de la publication d'un rapport du Sénat américain sur la torture pratiquée par des agents de la CIA dans la foulée du 11-Septembre. Au cours des dernières semaines, les attentats sanglants se sont multipliés à travers l'Afghanistan, notamment à Kaboul et contre les étrangers. Dans l'espoir de stabiliser le pays au moment où l'Otan réduit la voilure, le nouveau président afghan Ashraf Ghani, qui a d'ailleurs vivement dénoncé mercredi la torture par les agents du renseignement américain, a appelé les talibans à des négociations. Ceux-ci refusent pour l'heure de dialoguer directement avec Kaboul.
L'essentiel des forces de l'Otan, qui ont compté jusqu'à 130 000 soldats en 2010, doit finir de plier bagages d'ici à la fin du mois. Au premier janvier, la mission de combat cédera sa place à Soutien Résolu, une mission d'assistance et de formation de l'armée et de la police afghanes, en première ligne des combats contre les rebelles talibans qui ciblent les militaires pour affaiblir l'armée locale et décourager les vocations militaires au sein de la population.


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