Des tout-petits d’une classe de maternelle de l’école Mon Jardin d’enfants de Claire Maassab devant la crèche des Khayat.
Sur fond de nuit étoilée, d'eau qui ruisselle et de chants de Noël, une poignée d'enfants sont scotchés à l'immense crèche sonore et animée. Les yeux écarquillés, ils suivent les personnages, rois mages ou bergers qui évoluent dans le village fait de maisonnettes, de chemins, d'arbres et de rochers. Des moutons paissent. Le coq chante. Une villageoise vaque à ses occupations. À travers les lucarnes, brillent les feux des foyers. Dans ce village aux mille détails, conçu comme il y a 50 ans, Joseph et Marie entourent le petit Jésus qui dort dans une mangeoire. Il vient de naître dans une grotte, avec pour seule protection un peu de paille fraîche, un âne, un bœuf et quelques moutons.
Cette crèche, qui ressemble à un décor de théâtre avec effets sonores et jeux de lumière, est unique en son genre. Conçue et fignolée par Georges, Nabil et Éliane Khayat dans la villa de ces deux derniers, à Deir el-Qalaa, Beit-Méry, elle est le symbole de l'engagement de cette famille auprès des plus démunis. En une dizaine d'années, elle est devenue le point de départ d'une extraordinaire chaîne de solidarité qui fait boule de neige en cette période de Noël et pousse à la générosité des milliers de proches, d'amis, de connaissances et même d'élèves.
La consigne est la même pour tous. Chaque visiteur adulte est invité à faire une donation en nature, de médicaments, d'aliments, de produits de toilette, de couvertures, de chaufferettes, d'équipements pour personnes handicapées ou autres, selon son budget, bien sûr, et sur base d'une liste soigneusement dressée par Éliane, la maîtresse de maison. De même, chaque enfant est prié d'apporter un cadeau à un enfant de son âge.
Des cadeaux pour 600 enfants
Ces donations seront distribuées à la Société Saint-Vincent-de-Paul, au Foyer du vieillard malade - centre René Wehbé et à des familles nécessiteuses. « Nous avons déjà reçu 200 cadeaux pour enfants, affirme Nabil Khayat. Nous espérons en recevoir 400 de plus d'ici à Noël afin de répondre aux besoins de la Société Saint-Vincent-de-Paul qui prend en charge 600 enfants, dont de nombreux cas sociaux. » Il faut dire que la crèche des Khayat est ouverte aux visiteurs depuis le 22 novembre, date de l'annuelle journée portes ouvertes baptisée « Thanks for Giving » (merci de donner) qui lance la campagne de solidarité de Noël et coïncide avec Thanksgiving.
A l'occasion de ce jour férié, la maison est pleine de monde jusque dans le jardin. De midi à minuit, petits et grands affluent avec leurs donations et se pressent autour de la crèche et du buffet géant concocté par la maîtresse de maison, assistée de bénévoles et de mécènes. « En novembre, les gens ne sont pas encore pris par les obligations des fêtes. Ils sont généreux envers les pauvres. En décembre, nous recevons des écoles entières sur rendez-vous. Les week-end, la maison est pleine à craquer », note Nabil Khayat, rendant hommage à la générosité de chacun. « De notre côté, nous redoublons d'efforts pour distribuer toutes les donations avant les fêtes afin que chaque personne nécessiteuse reçoive ce dont elle a besoin pour Noël et avant le plein hiver, surtout lorsqu'il s'agit de couvertures et de chaufferettes », précise-t-il. La campagne de solidarité se poursuit ainsi jusqu'à l'Épiphanie, après laquelle la crèche est démantelée.
C'est en souvenir de leur père Albert que Nabil et Georges Khayat organisent ce rendez-vous annuel qui s'est imposé comme un événement caritatif incontournable. « Notre père était le créateur de la crèche animée de 1946 à 1961, au théâtre de l'École Saint-Vincent-de-Paul au centre-ville, raconte encore Nabil Khayat. Le spectacle attirait près de 15 000 personnes chaque année. Les gens payaient un droit d'entrée de 25 piastres au profit de la Société Saint-Vincent-de-Paul ». Soucieuse d'améliorer le concept et d'offrir du nouveau à ses visiteurs, la petite famille a introduit l'animation cette année. « Pour cette Noël, nous avons reproduit la crèche dans le même esprit qu'il y a 50 ans, celle que les personnes d'un certain âge ont connue. Elle raconte la naissance du Christ de façon traditionnelle, sans le moindre équipement électronique », assure l'hôte. Pour ce faire, Georges, mentor et mémoire de la crèche, est allé à la recherche de ses souvenirs d'enfance. Avec ses amis, il assistait son père dans les coulisses. « Des souvenirs bien précis qui nous ont guidés dans la conception et la présentation musicale », fait remarquer son frère.
Le week-end approche. Il s'annonce faste. La générosité des visiteurs ne tarit pas. Les Khayat se préparent à recevoir, sur rendez-vous, des familles entières chargées de paquets. L'hommage au père disparu est devenu une véritable institution au service des plus démunis.
Visite de la crèche samedi et dimanche sur rendez-vous. Prière d'appeler au 03/683835 ou au 03/664544.


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" Il vient de naître dans une grotte, avec pour seule protection un peu de paille fraîche, un âne, un bœuf et quelques moutons." Vraiment? Bon! Alors mille dollars à la personne qui m'indiquera le passage de l'Evangile(canonique) où il est question d'une grotte dans laquelle Jésus serait né...pour ne rien dire de l'âne, du boeuf et des moutons!
15 h 24, le 12 décembre 2014