La législative partielle de Jezzine (Liban-Sud) en vue de l'élection d'un successeur au député Michel Hélou, décédé en juin dernier, doit théoriquement se tenir. La Constitution prévoit la tenue immédiate d'élections partielles lorsqu'un siège parlementaire devient vacant, mais tant que la vacance survient avant le dernier semestre du mandat parlementaire. La Chambre ayant prorogé son mandat jusqu'au 20 juin 2017, la question de la tenue de la partielle de Jezzine s'impose donc. Elle n'a néanmoins pointé que timidement dans le débat politique. Il existe en effet une conviction générale que la partielle ne se tiendra pas.
Le plus probable sera l'abstention du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, d'organiser cette élection, au risque de revenir sur ses réserves sur la situation sécuritaire, qui avaient justifié la non-tenue des législatives à l'échelle nationale. C'est ce que relèvent en tout cas certaines sources citées par l'agence d'informations al-Markaziya. Ces sources font remarquer néanmoins qu'il existe un avis différent au sein du ministère de l'Intérieur, en vertu duquel il faudrait tenir l'élection partielle et ne pas déroger au texte constitutionnel.
Le Courant patriotique libre appelle plus ouvertement à la tenue de ce scrutin, même s'il reste peu convaincu que son appel sera entendu. Le CPL est d'abord soucieux de maintenir une cohérence dans ses positions, après avoir été le seul à saisir le Conseil constitutionnel d'un recours en invalidation de la loi sur la prorogation du mandat parlementaire. Ceci ne l'empêche pas de mettre l'accent sur la stabilité qui règne à Jezzine, en s'adressant ainsi à ceux qui invoquent l'argument sécuritaire.
Mais le CPL serait surtout mû par d'autres considérations politiques. Force est de rappeler que la bataille législative de Jezzine en 2009 s'est déroulée avec acharnement entre le courant aouniste, d'une part, et le président de la Chambre Nabih Berry, d'autre part. Des sources informées au Liban-Sud, citées par l'agence al-Markaziya, lient la volonté aouniste de tenir la partielle à la relance du dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah. Selon ces sources, la partielle de Jezzine devrait leur permettre en effet « d'atteindre plus d'un objectif : démonter le prétexte sécuritaire, couvert par le ministre de l'Intérieur, pour une reconduction du mandat parlementaire ; tâter le terrain en vue de sonder la disposition du président de la Chambre à renoncer à son candidat en faveur de son allié au sein du 8 Mars ; enfin, explorer l'étendue réelle de l'appui du Hezbollah au CPL, et précisément à son chef, à la veille de la reprise de contact politique entre les deux pôles sunnite et chiite du pays ».
Néanmoins, même le CPL est presque certain que la partielle de Jezzine ne se tiendra pas.
Liban
Législative partielle très peu probable à Jezzine
OLJ / le 06 décembre 2014 à 01h29

