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Nos lecteurs ont la parole - Jana Aouad

Malice au pays des merveilles...

Le Liban s'habille pour l'hiver : foulards et manteaux dans les vitrines, cafés et restaurants ornés de chaufferettes et, espérons-le, des pistes de ski qui commencent à accueillir les premières neiges de l'année.
Les moyens pour se divertir durant les jours pluvieux se limitent alors aux activités intérieures autant que faire se peut: restaurants, pubs fermés, soirées familiales ou entre amis, gym... Évidemment, nous retrouvons aussi le cinéma.
Mais, précisément au Liban, pourquoi aller au cinéma quand l'action et le suspense prévalent dans notre vie quotidienne ? En effet, seulement au Liban, nous avons droit chaque jour à une nouvelle/catastrophe pour se ronger les sangs et oublier les « zilliards » de problèmes qui la précèdent.
D'abord, le film d'actions/d'horreur : la crise des produits alimentaires au Liban (poulet, viande, légumes et toute la rocambole) avec la bataille homme/bactéries, sans mentionner les attaques maritimes dues aux déchets pollués. Le genre romantique vient calmer les esprits avec le gendre Clooney et Amal, et leur énième dîner de mariage sur Saturne.
Le drame/thriller, de son côté, ne s'achève pas avec nos soldats enlevés par les jihadistes, qui révèlent de nouvelles séquences à chaque fois pour nous briser l'âme et le cœur, et nous pousser à remettre la vie et l'humanité en question.
Il y a aussi le genre comique qui se faufile dans la vie politique libanaise avec la prolongation du mandat du Parlement, d'un côté, et la science-fiction, d'un autre côté, avec la désignation d'un nouveau président pour le trône de fer.
Ensuite, le film érotique avec la robe de Haïfa qui a paralysé les esprits et les yeux libanais pour une semaine en créant un débat crucial : fuseau couleur chair ou chair humaine ? Il fallait appeler l'inspecteur Gadget Khalifé, spécialisé dans les films hebdomadaires de crimes, de corruption et d'investigation.
Les films documentaires réservent toujours une place pour les catastrophes «surnaturelles»: inondations de tunnels et d'égouts, incendies et embouteillages plus forts que les héros de Marvel, rien ne les arrête.
Finalement, ce cercle, dominé par les vices, s'avère vicieux puisque nous nous révoltons contre la corruption un jour alors que nous restons au-dessus de la mêlée et nous l'acceptons le lendemain, puisque nous pleurons nos icônes, qui ont vécu l'âge d'or, alors que ces dernières doivent nous pleurer, nous les stars de l'âge d'(h)or(reur). Nous nous invitons à bouger alors que nous savons bien que seules Haïfa et ses camarades bougent sur scène. Longue vie au pays des merveilles !

Le Liban s'habille pour l'hiver : foulards et manteaux dans les vitrines, cafés et restaurants ornés de chaufferettes et, espérons-le, des pistes de ski qui commencent à accueillir les premières neiges de l'année.Les moyens pour se divertir durant les jours pluvieux se limitent alors aux activités intérieures autant que faire se peut: restaurants, pubs fermés, soirées familiales ou entre amis, gym... Évidemment, nous retrouvons aussi le cinéma.Mais, précisément au Liban, pourquoi aller au cinéma quand l'action et le suspense prévalent dans notre vie quotidienne ? En effet, seulement au Liban, nous avons droit chaque jour à une nouvelle/catastrophe pour se ronger les sangs et oublier les « zilliards » de problèmes qui la précèdent.D'abord, le film d'actions/d'horreur : la crise des produits alimentaires au Liban...
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