Malgré leurs divergences sur des sujets aussi sensibles que la guerre en Syrie, les dirigeants à poigne turc et russe, qui se retrouvent aujourd'hui à Ankara, entretiennent toujours des relations étroites, à l'heure de la détérioration de leurs liens avec l'Ouest. En effet, le président russe Vladimir Poutine est attendu dans la capitale turque pour discuter avec son homologue Recep Tayyip Erdogan des grands dossiers internationaux, d'énergie et de commerce, à la faveur d'une réunion de la commission de coopération bilatérale. Héritiers de nations qui se sont souvent fait la guerre, la Turquie de M. Erdogan, membre de l'Otan, et la Russie de M. Poutine ont noué des liens inédits. « Les deux camps ont des intérêts communs et ne veulent pas que le moindre conflit les gêne », estime Ilter Turan, de l'université d'Istanbul. « Bien sûr, nos positions sur certains dossiers peuvent être différentes » a noté M. Poutine dans un entretien accordé à la veille de sa visite à l'agence de presse gouvernementale turque Anatolie, « mais les relations entre la Turquie et la Russie restent stables, sous le signe de la continuité et ne varient pas au gré du climat du moment ». Par ailleurs, de nombreux commentateurs ont souligné à l'envi les ressemblances de Recep Tayyip Erdogan, 60 ans, et Vladimir Poutine, 62 ans. Les deux dirigeants sont charismatiques, ambitieux et à la tête de pays issus du démantèlement d'empires du siècle dernier. Ils ont aussi été la cible de violentes contestations, en Russie en 2011-2012, en Turquie à la mi-2013, dont ils ont triomphé en se faisant élire à la présidence de leur pays. Et tous deux sont aujourd'hui accusés de dérive autoritaire. « Il y a certes des différences dans leur environnement mais en ce qui concerne leur personnalité autoritaire, ils sont étonnement semblables », souligne M. Turan, tout en reconnaissant le caractère plus « musclé » du régime politique russe.
Moyen Orient et Monde
Comment Russes et Turcs peuvent-ils encore être alliés malgré leurs divergences ?
OLJ / le 01 décembre 2014 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine