Après son élection à la présidence de l'UMP, le plus dur reste à faire pour Nicolas Sarkozy : refonder l'UMP, exsangue financièrement, « rassembler », et préparer une « primaire ouverte » pour 2017 qui risque de virer à la guerre des chefs.
Après sa victoire, avec près des deux tiers des voix (64,5 %), score moins élevé qu'attendu, mais qualifié de « grand succès » par son ami le député européen Brice Hortefeux, qui a salué un nombre de voix « historique », le nouveau patron de l'UMP s'est voulu « collectif » hier soir sur la chaîne de télévision française TF1.
Il a annoncé qu'il allait créer, pour l'aider, un comité des anciens Premiers ministres de son camp, et confirmé qu'il « souhaitait » que son parti ait un nouveau nom. Parmi ces sages, Dominique de Villepin lui a déjà donné son accord, a-t-il dit. Celui d'Alain Juppé semblait beaucoup moins acquis, vu le tweet d'un bras droit du maire de Bordeaux : « Le bureau politique élu, dont les anciens PM sont membres de droit, est la seule instance de gouvernance légitime. »
Dès aujourd'hui, l'ancien chef de l'État rencontrera les « principaux dirigeants » du parti. Objectif affiché : réunir les « conditions du rassemblement le plus large ». Première mission pour M. Sarkozy : « Montrer les signes de rassemblement (...). L'UMP a un chef, il est incontestable, et en même temps, il y a beaucoup de voix à l'UMP qui doivent absolument s'exprimer », a résumé Éric Woerth. La députée soutien de Nicolas Sarkozy Valérie Pécresse a aussi prévenu que « toutes les sensibilités » devaient pouvoir se reconnaître dans la future direction du parti, pas question que l'UMP se résume à un clan.
Il devra en outre organiser la « primaire ouverte » à la droite et au centre qu'il a promise à ses futurs concurrents. Encore faudra-t-il que M. Sarkozy et les autres s'entendent sur la définition du « centre ». L'ancien président a donné sa réponse : « Un centre qui serait avec nous matin, midi et soir », soit éventuellement l'UDI, mais pas le MoDem de François Bayrou, qui avait appelé à voter Hollande au second tour de 2012.
Moyen Orient et Monde
Pour l’ancien locataire de l’Élysée, le plus dur reste à faire
OLJ / le 01 décembre 2014 à 00h00

