Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Diplomatie

François : La violence qui cherche une justification religieuse mérite la plus forte condamnation

Recevant le souverain pontife à Ankara, Erdogan en profite pour fustiger l'islamophobie.

Le pape François n’a pas manqué de louer les « efforts généreux » de la Turquie pour l’accueil des réfugiés de Syrie et d’Irak, quelle que soit leur confession. Umit Bektas/Reuters

Le pape François a exhorté hier la Turquie musulmane à montrer l'exemple du « dialogue interreligieux » pour endiguer le fondamentalisme islamiste à ses frontières, devant son président Recep Tayyip Erdogan.
Dès le premier discours de sa visite, le souverain pontife s'est posé devant son hôte islamo-conservateur en défenseur du dialogue entre les religions et des chrétiens victimes d'exactions et de « graves persécutions » de la part des jihadistes en Irak et en Syrie. La Turquie a vocation à être « un pont naturel entre deux continents et des expressions culturelles différentes », a ainsi estimé le pape argentin. « Une contribution importante peut venir du dialogue interreligieux et interculturel, de manière à bannir toute forme de fondamentalisme et de terrorisme », a-t-il ajouté.
Au pouvoir depuis 2003, le président Erdogan, qui recevait le pape dans son nouveau, luxueux et très controversé palais de la banlieue d'Ankara (lire par ailleurs), a joué la proximité avec son invité. « Nous regardons le monde avec les mêmes valeurs. Nos vues sont identiques sur la violence », a-t-il assuré. Mais, fidèle à son discours habituel, M. Erdogan a poursuivi par une longue sortie contre la progression de l'islamophobie dans le monde occidental. « Les préjugés se développent entre les mondes musulman et chrétien. L'islamophobie monte sérieusement et rapidement. Nous devons œuvrer ensemble contre les menaces qui pèsent sur notre planète : l'intolérance, le racisme et les discriminations », a-t-il plaidé. S'il a fermement condamné les organisations extrémistes telles que le groupe État islamique (EI) ou el-Qaëda, M. Erdogan a expliqué leur progression parce que leurs jeunes recrues « ont été discriminées et victimes de politiques incorrectes ». L'homme fort de Turquie a également dénoncé le « double discours » occidental sur le terrorisme, fustigeant notamment le « terrorisme d'État » à l'œuvre en Syrie ou en Israël.

« Les mêmes droits »
Depuis qu'il dirige sans partage le pays, M. Erdogan, un pieux musulman, se présente volontiers en protecteur des religions, mais il est régulièrement accusé par ses détracteurs de vouloir « islamiser » la République laïque turque fondée en 1923. Le pape François n'a d'ailleurs pas occulté ces critiques. « Il est fondamental que les citoyens musulmans, juifs et chrétiens (...) disposent des mêmes droits et respectent les mêmes devoirs », a-t-il affirmé, avant d'ajouter que « la liberté religieuse et la liberté d'expression, efficacement garanties à tous (...), deviendront un signe éloquent de paix » pour la région. La communauté chrétienne de Turquie ne regroupe plus aujourd'hui que 80 000 personnes dans un océan de plus de 75 millions de musulmans, pour l'essentiel sunnites. Les chrétiens, tolérés, ne sont toujours pas reconnus juridiquement comme une communauté à part entière.
Comme il l'avait déjà fait dans l'avion l'amenant à Ankara, le pape n'a pas manqué de louer les « efforts généreux » de la Turquie pour l'accueil des réfugiés de Syrie et d'Irak, quelle que soit leur confession. « La communauté internationale a l'obligation morale de l'aider à prendre soin des réfugiés », a-t-il jugé. À l'issue d'un entretien avec le principal religieux turc Mehmet Gormez, François a encore fustigé les exactions « inhumaines » de groupes extrémistes comme l'EI en Syrie et en Irak. « La violence qui cherche une justification religieuse mérite la plus forte condamnation », a-t-il insisté. Selon l'agence spécialisée sur le Vatican I.Media, le pape devrait profiter de son passage à Istanbul pour y rencontrer des réfugiés irakiens et syriens. Un geste attendu depuis qu'il a exprimé cet été son désir de soutenir au Kurdistan irakien les chrétiens, orthodoxes et catholiques confondus, qui fuient la poussée jihadiste.
Le pape, quatrième souverain pontife à visiter la Turquie, devait poursuivre sa visite aujourd'hui et demain à Istanbul. Huit ans après son prédécesseur, le pape argentin Jorge Bergoglio doit visiter les mêmes lieux chargés de symboles que Benoît XVI, du mausolée d'Atatürk hier à l'ancienne basilique byzantine Sainte-Sophie devenue musée et la Mosquée bleue aujourd'hui à Istanbul, mais dans un climat nettement plus apaisé. En 2006, la visite du pape allemand avait en effet été empoisonnée par des propos controversés tenus trois mois plus tôt, où il semblait faire un lien entre islam et violence. Même si le Vatican n'a évoqué aucune menace spécifique, près de 3 000 policiers ont été mobilisés à Ankara et au moins 7 000 autres le seront à Istanbul aujourd'hui et demain. Dans la partie plus religieuse de son séjour, François compte réduire encore la fracture avec les orthodoxes née du schisme de 1054. Il doit notamment signer une déclaration avec le plus prestigieux de ses chefs, le patriarche Bartholomée.

(Source : AFP)

Le pape François a exhorté hier la Turquie musulmane à montrer l'exemple du « dialogue interreligieux » pour endiguer le fondamentalisme islamiste à ses frontières, devant son président Recep Tayyip Erdogan.Dès le premier discours de sa visite, le souverain pontife s'est posé devant son hôte islamo-conservateur en défenseur du dialogue entre les religions et des chrétiens victimes...
commentaires (4)

Mais, il est bien-là le hic : C'est, en effet, cette même justification religieuse qui est souvent la base de la violence !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

16 h 31, le 29 novembre 2014

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Mais, il est bien-là le hic : C'est, en effet, cette même justification religieuse qui est souvent la base de la violence !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    16 h 31, le 29 novembre 2014

  • TOUTES LES VIOLENCES À CARACTÈRE RELIGIEUX... DE QUI QUE CE SOIT... SONT CONDAMNABLES ET DOIVENT DISPAÎTRE !

    LA LIBRE EXPRESSION

    15 h 28, le 29 novembre 2014

  • Pape Francis je suis de tout coeur avec vous , vous etes le Pape des pauvres , vous l'avez prouve en refusant de loger dans les 200.000 m2 de la residence d'erdo , ce que vous demandez est legitime pour tout etat qui se respecte , mais vous auriez du le dire en terre usurpee aussi , pas pour defendre erdo , mais c'est le chouchou des occidentaux , il peut tout se permettre et ses amis de l'otan le trouveront toujours mahdoumm . Parce que c'est un executant zele de leurs basses besognes .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 50, le 29 novembre 2014

  • Profitant de la présence du pape, Erdogan "fustige l'islamophobie". Il ne trouve rien d'autre à dire ! Mais c'est bien à cause de responsables du monde musulman comme Erdogan, daechistes, fanatiques, arriérés, aveugles et qui veulent toujours revenir des siècles en arrière, qu'il y a de l'islamophobie

    Halim Abou Chacra

    12 h 25, le 29 novembre 2014

Retour en haut