Wadih Haddad.
Infidèle – pour cette seule et unique fois – à ses amitiés, Wadih Haddad nous a quittés hier pour une terre plus obligeante, des suites d'une plus longue maladie que d'habitude. Né à Bater (Chouf), fils d'un officier supérieur de la gendarmerie, élève des jésuites, ce parfait gentleman devenu journaliste avait fait ses premières armes à la radio La Voix du Liban. Après une incursion du côté de la télévision, avec la ICN d'Henri Sfeir, il avait fait un passage d'amitié à L'Orient-Le Jour, où sa loyauté et sa discrétion ne se démentirent jamais.
Patriote sans jamais être homme de parti, « fine lame sans jamais être second couteau », selon le mot de Jean Daniel, c'est son amour de l'indépendance et son attachement à son identité chrétienne qui le conduisirent en 1975-1976 à s'engager dans la bataille des ondes. Il l'avait fait aux côtés de Simon el-Khazen, auquel il resta indéfectiblement lié, contre vents et marées, et qu'il suivit en prenant la direction de Dbayé, où la radio FM 93,3 – que le parti Kataëb avait mis la première fois en marche en 1958 –, s'était transportée.
Amoureux de la terre et du terroir, pourtant gros fumeur, Wadih Haddad s'était même essayé à la culture de la tomate-cerise, avant d'y renoncer, de guerre lasse, victime de la concurrence déloyale des fraudeurs. Il y avait laissé pas mal d'argent. Cela ne l'avait pas empêché de rester le bon papa, l'homme d'une seule parole, l'intellectuel averti auquel peu de sujets échappaient, le pince-sans-rire qui faisait la joie de sa famille et de ses collègues... quand la fumée de sa cigarette leur permettait de respirer !
Adieu frère, bien des choses au Bon Dieu. En attendant la revoyure.
Patriote sans jamais être homme de parti, « fine lame sans jamais être second couteau », selon le mot de Jean Daniel, c'est son amour de l'indépendance et son attachement à son identité chrétienne qui le conduisirent en 1975-1976 à s'engager dans la bataille...

