Généralement épargnée par les violences, Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, a été visée hier par un attentat-suicide qui a fait 4 morts. Sans être revendiquée, l’attaque a aussitôt été attribuée à l’État islamique. Azad Lashkari/Reuters
Un kamikaze a fait exploser une voiture piégée hier à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien généralement épargnée par les violences, selon des responsables.
Le kamikaze a lancé peu avant midi (09h00 GMT) son véhicule contre le principal point de contrôle établi sur la route menant au siège du gouvernement dans cette ville du nord de l'Irak, a indiqué le porte-parole du conseil provincial Hamza Hamed. Quatre personnes ont péri dans l'attaque, dont deux policiers, et 29 ont été blessées, a indiqué le directeur général du département de la Santé à Erbil, Saman Barzanchi. Le gouverneur de la province d'Erbil, Nozad Hadi, a confirmé ce bilan et accusé les jihadistes du groupe État islamique (EI) d'avoir mené cette attaque. Sur le lieu de l'attentat, des débris de verre jonchaient le sol taché de sang, au côté de voitures endommagées.
Cette attaque, qui n'a pas encore été revendiquée, est la plus meurtrière à Erbil depuis celle du 29 septembre 2013, durant laquelle un kamikaze avait fait détoner ses explosifs à l'entrée du QG des forces de sécurité, tuant sept personnes et blessant plus de 60. Quelques minutes avant l'explosion hier, une délégation française, conduite par le sénateur Bruno Retailleau et venue livrer 10 tonnes d'aide en faveur des personnes déplacées d'Irak, se trouvait au QG visé à Erbil. « Nous n'étions pas visés, a affirmé M. Retailleau, président au Sénat du groupe UMP, le principal parti de la droite française. Environ 10 minutes auparavant, nous étions reçus par le gouverneur. » « Quand on est en visite à Erbil, on n'a absolument pas conscience du danger. Rétroactivement, ça donne des frissons », a-t-il ajouté.
La région du Kurdistan, qui regroupe trois provinces, est habituellement épargnée par les violences meurtrières qui frappent quasi quotidiennement une bonne partie du reste de l'Irak. Les forces de sécurité kurdes affrontent cependant seules, ou aux côtés des troupes fédérales, l'EI, qui s'est emparé depuis juin de grandes zones au nord de Bagdad, certaines très proches du Kurdistan. Des centaines de milliers de personnes ayant pris la fuite ont ainsi trouvé refuge au Kurdistan.
La France a aussitôt condamné l'attentat. « Nous sommes aux côtés de la population et des autorités d'Irak dans leur lutte contre le terrorisme », a assuré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. Le vice-président irakien Ossama al-Noujaifi, un sunnite, a appelé hier « les citoyens, et en particulier les déplacés à Erbil, à coopérer avec les services de sécurité et les aider à faire face aux groupes terroristes ».
(Source : AFP)


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