C'est décidé, l'Université Saint-Joseph de Beyrouth suspend les élections des amicales pour l'année 2014. Comme prévu, les critiques affluent, dénonçant – pour citer les termes utilisés – une atteinte au «libre exercice démocratique». Si la décision de suspension vise à réprimer les dérives qui ont eu lieu à la rentrée 2013, elle dénote surtout un malaise général qui dépasse le simple cadre universitaire. Force est de constater qu'une telle décision reflète parfaitement la crise que connaissent nos institutions politiques nationales. Les établissements universitaires, pionniers en matière d'exercice démocratique, semblent aujourd'hui atteints par les maux d'un État en dégradation.
Il faut donc voir dans la mesure prise par l'administration une sorte d'appel à une prise de conscience, invitant les étudiants, non pas à y résister mais plutôt à réfléchir à un moyen efficace de redonner un sens à ces élections. Ancrée dans le sillon d'une division partisane nationale, il semblerait que la représentation étudiante ait perdu sa vocation. Il serait alors temps d'en redéfinir la mission : celle de défendre les intérêts des étudiants et d'assurer leur bien-être. Afin que la «vie politique saine» à laquelle prétendent certains partis puisse réellement trouver sa place au sein des universités, il faudrait d'abord qu'elle ait une raison d'être, un but à satisfaire. C'est en s'inspirant des systèmes qui existent dans des pays comme la France que l'on arrivera peut-être à redonner aux organisations de représentation étudiante leur efficacité véritable, afin qu'elles aient un impact non seulement dans le strict cadre universitaire, mais à l'échelle nationale.
Nay CONSTANTINE
Étudiante en 3e année à la faculté de droit et de sciences politiques de l'USJ
Article initialement publié sur le site « Béryte – l'écho des Cèdres »
(http ://beryte.wordpress.com).


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