Une conférence d'évaluation de la mise en œuvre de l'accord de Taëf s'est tenue au centre Issam Farès pour le Liban. Parmi les intervenants, le ministre Mohammad Machnouk, représentant le Premier ministre Tammam Salam, a estimé que « le moyen de remédier aux failles de Taëf consiste à appliquer les amendements ayant été jusque-là occultés ». Cette mise en œuvre nécessiterait « un compromis préalable ». De son côté, le député Marwan Hamadé a apporté une lecture critique de l'application « inconstante » du texte pendant un quart de siècle.
« La plupart du temps, la redistribution des pouvoirs telle que prévue par les amendements constitutionnels a subi l'équilibre des forces politiques, aussi bien au sein du Parlement que sur les terrains de la force, de l'autorité et des armes. » C'est pourquoi Marwan Hamadé a estimé que « la vraie crise relative à la constitution du pouvoir après Taëf est la crise de sa non-constitution, et la non-application des réformes prévues à ce niveau ». L'application lacunaire du texte l'aura livré à différentes formes d'instrumentalisation politique. Le député relève notamment que « l'autorité de tutelle syrienne avait profité des divisions du camp chrétien au moment de la signature de l'accord de Taëf afin de consacrer une défaite militaire qui n'en était pas une, du moins entre les Libanais ». Rappelant que les réformes relatives au pouvoir exécutif « occupent les deux tiers du document d'entente nationale de 1989 », il a jugé nécessaire de revenir sur certaines de ces réformes. Il a souligné dans ce cadre que l'esprit de Taëf n'est pas celui du blocage mutuel. Ainsi, « les majorités qualifiées exigées pour les décisions cruciales ne sauraient conduire au blocage de ces décisions par un ministre-roi. De même, si le ministre est devenu partenaire du pouvoir exécutif, il ne saurait constituer une partie de la présidence, ce qui serait une hérésie constitutionnelle ». Il a dénoncé également « l'absence de contrôle parlementaire "et" la soi-disant exigence incontournable d'un gouvernement d'unité nationale ».
Liban
Hamadé : L’esprit de Taëf n’est pas le blocage
OLJ / le 13 novembre 2014 à 01h52


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