Vue générale de l’exposition.
Après des études de peinture avec Manetti et Roger Caron à Beyrouth, des cours d'art à l'Académie d'art de Pérouse (Italie) où elle reçoit le second prix dans un concours de peinture à Gubbio, May Ammoun voit, en 1996, sa passion naître pour la céramique. Ainsi, elle étudie durant deux ans avec Helena Gluck l'émail de grès et suit des classes de calcul moléculaire. Après son retour au pays, l'artiste entreprend de faire ses propres recherches sur les émaux. Ses œuvres ont été présentées la première fois à l'Université de Balamand en 2010, dans le cadre de l'exposition collective de céramique.
C'est à la galerie SV (Saifi Village) qu'elle donne à voir, pour la première fois en solo, plus d'une trentaine de pièces.
Cet émail, elle le prépare elle-même, comme une alchimiste, avec des minéraux et des cendres. Un thème ? Rien de spécifique, simplement elle met, dans ces formes, ces textures et ces couleurs, ses émotions les plus intimes et les plus secrètes.
«En effet, résumer toute une expérience dans une seule pièce est une chose impossible, dit May Ammoun, puisqu'il s'agit d'exprimer, à travers mon travail, des moments vécus, des souvenirs, des images et des chuchotements. » De ce mélange pensé et senti surgit une variété de formes rondes, longitudinales, géométriques, mais surtout libres.
On la retrouve donc dans les lignes brusques, abruptes ou encore arrondies. «C'est toujours moi, mais moi d'hier, d'aujourd'hui, et moi qui rêve et qui imagine demain. Je me retrouve dans cet art où le feu brûle, fait peur et fait naître mes sculptures.»
Un travail débridé, libéré de toutes contraintes techniques inhérentes à cet art et qui témoigne des envolées personnelles et de la spontanéité de May Ammoun. Plus que deux jours donc pour aller flâner entre ces formes et ces couleurs.

