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Moyen Orient et Monde - Crise

Les Mexicains sortent enfin de leur léthargie ; leur président prend l’avion

Un mois et demi après la disparition des 43 étudiants et les « aveux » de trois suspects, des manifestants s'en prennent au palais présidentiel. En attendant, Enrique Peña Nieto part vers l'Asie laissant tout un pays en colère.

Des manifestants arborent les portraits des étudiants disparus à Mexico lors des premières manifestations sérieuses contre le gouvernement, ce week-end au Mexique. Omar Torres/AFP

Des milliers de Mexicains étaient rassemblés hier sur la place du Zocalo, où se trouvent le palais présidentiel et la cathédrale, au lendemain d'une nuit particulièrement agitée au cours de laquelle une vingtaine de manifestants, certains le visage dissimulé, s'en sont pris au bâtiment officiel à l'aide de barrières métalliques et y ont mis brièvement le feu, sans parvenir à entrer dans ce palais que le président Enrique Peña Nieto a l'habitude d'utiliser pour des cérémonies officielles. Sans que les agents de sécurité présents ne réagissent, les personnes masquées ont également tracé sur la porte un message très clair : « Nous les voulons vivants », en référence aux 43 étudiants disparus depuis une attaque conjointe de policiers et de membres du crime organisé à Iguala le 26 septembre dernier, dans l'État du Guerrero, dans le sud du pays. Et à Chilpancingo, la capitale du Guerrero, plus de 300 jeunes, la plupart également le visage dissimulé, ont brisé plusieurs vitres du gouvernement régional samedi soir et incendié une dizaine de véhicules, dont un de la police fédérale, sans intervention des forces de sécurité. Là encore, les manifestants exigeaient de revoir les étudiants vivants.
Pourtant, malgré ce climat sous haute tension, le président mexicain Enrique Peña Nieto a tout de même choisi de maintenir son déplacement en Chine et en Australie. Il doit assister les 10 et 11 novembre à Pékin au somment de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), avant une visite d'État en Chine. D'ailleurs, c'est contre lui que se sont dirigés les slogans samedi soir : « Dehors Peña » et « Assassin ».

Quatorze heures
Rappelons que dès vendredi, le ministre mexicain de la Justice, Jesus Murillo Karam, avait annoncé que trois membres présumés d'un groupe criminel ont avoué avoir tué plus de 40 étudiants, brûlé leurs cadavres puis jeté les restes dans une rivière. Le scénario du massacre a toutefois été contesté par les parents de ces jeunes, qui ont considéré que les aveux de ces suspects n'avaient pas valeur de preuves. « Tant qu'il n'y a pas de preuves, nos enfants sont vivants, a estimé Felipe de la Cruz, porte-parole des parents. Il semble que le gouvernement fédéral, avec une grande irresponsabilité, préfère clore l'affaire (sur) la base de témoignages. »
Selon les propos du ministre Karam, les détenus ont indiqué « avoir tué les survivants, les avoir jetés dans la partie basse de la décharge avant de brûler leurs corps » qu'ils avaient aspergés d'essence, sur des bûchers de bois et de plastique, lors d'une opération qui a duré 14 heures. Par la suite, les suspects ont concassé les restes avant d'en remplir des sacs en plastique et de les jeter dans une rivière. Ainsi, « le niveau élevé de dégradation par le feu rend très difficile l'extraction de l'ADN qui permettrait l'identification », a affirmé le ministre.
Selon les autorités fédérales, les étudiants ont été attaqués à l'instigation de l'ancien maire d'Iguala, José Luis Abarca, et son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, sœur de trois narcotrafiquants notoires. Le « couple impérial » aurait craint que la visite des étudiants à Iguala ne vienne perturber un événement public que Mme Pineda tenait ce jour-là en sa qualité de responsable d'un organisme local d'aide à l'enfance.
L'affaire des 43 disparus a jeté une lumière crue sur la collusion des autorités politiques et policières avec le crime organisé. Selon l'historien Lorenzo Meyer, « l'important désormais est de voir comment va réagir la société mexicaine », a-t-il relevé, interrogé par l'AFP.

Des milliers de Mexicains étaient rassemblés hier sur la place du Zocalo, où se trouvent le palais présidentiel et la cathédrale, au lendemain d'une nuit particulièrement agitée au cours de laquelle une vingtaine de manifestants, certains le visage dissimulé, s'en sont pris au bâtiment officiel à l'aide de barrières métalliques et y ont mis brièvement le feu, sans parvenir à entrer dans ce palais que le président Enrique Peña Nieto a l'habitude d'utiliser pour des cérémonies officielles. Sans que les agents de sécurité présents ne réagissent, les personnes masquées ont également tracé sur la porte un message très clair : « Nous les voulons vivants », en référence aux 43 étudiants disparus depuis une attaque conjointe de policiers et de membres du crime organisé à Iguala le 26 septembre dernier, dans...
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