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Économie - États-Unis

L’économie va mieux, mais les électeurs ne le ressentent pas

Si la robuste croissance de l'économie et de l'emploi aux États-Unis fait envie au reste du monde, dans le pays, de nombreux Américains ne vivent pas ces améliorations et ont sanctionné les démocrates aux élections. « C'est la question des salaires », martelait Eric Cantor, l'ex-chef de la majorité républicaine de la Chambre des représentants américaine au lendemain des élections de mi-mandat pour expliquer la déroute des démocrates au Congrès. « Les gens sont en colère parce que leurs rémunérations n'ont pas commencé à augmenter comme elles le devraient », affirmait ce responsable sur la chaîne économique CNBC.
Alors que le pays est sorti de la récession depuis 2009 et que le taux de chômage a presque été réduit de moitié, 70 % des Américains trouvent que l'économie « va mal », selon un sondage réalisé à la sortie des urnes.
Les ménages estiment que leur situation financière est pire (28 %) ou au même niveau (45 %) qu'il y a deux ans et un foyer sur deux (48 %) craint que la vie soit plus difficile pour la génération d'après. Selon une autre enquête du Public Religion Research Institute, 72 % des Américains pensent même que le pays est encore en récession. « En fait, la plupart des travailleurs n'ont pas eu d'augmentation depuis sept ans », résume l'économiste indépendant Joel Naroff, interrogé par l'AFP.
Le salaire horaire réel de la majorité des Américains n'a en effet pas bougé, voire a reculé par rapport à ce qu'il était en 2007 juste avant la crise financière, selon l'Economic Policy Institute.
À 7,25 dollars, le salaire horaire minimum, qui ne garantit pas un revenu mensuel minimum, n'a pas augmenté depuis cinq ans. Avec l'érosion de l'inflation, ce salaire horaire est même 25 % en dessous de celui pratiqué en 1968, selon l'EPI. « Le gros problème est qu'alors que l'économie va beaucoup mieux, la redistribution des ressources ne va qu'à ceux qui sont en haut de l'échelle », estime M. Naroff.

Inégalités croissantes
La présidente de la Banque centrale (Fed) Janet Yellen l'a d'ailleurs amplement souligné dans un discours à la mi-octobre, se déclarant « très inquiète » du creusement des inégalités aux États-Unis. Seulement 5 % des ménages américains détiennent 63 % des richesses du pays en 2013 contre 54 % en 1989.
Du côté du patrimoine, les prix immobiliers n'ont pas retrouvé leur pic d'avant la crise et le taux de propriétaires est retombé à son niveau d'il y a vingt ans. L'endettement des ménages s'est certes nettement amélioré, mais celui des plus jeunes a en revanche gonflé avec le poids des prêts étudiants.
Pourtant, avec une croissance de 3,5 % au troisième trimestre, l'expansion économique américaine s'affirme, permettant à la Maison-Blanche de se féliciter du « leadership » économique américain sur la scène de la reprise mondiale. À 5,8 % en octobre, le taux de chômage est au plus bas depuis six ans et le déficit budgétaire est passé sous la barre des 3 % du PIB. De son côté, Wall Street enchaîne record sur record. Pendant la campagne, « les démocrates ne faisaient pas face à une mauvaise économie, mais ils n'ont pas su expliquer pourquoi les travailleurs n'avaient pas davantage d'argent », affirme Joel Naroff.
Dans les cinq États qui le proposaient, les électeurs ont voté mardi pour une hausse du salaire horaire minimum, un thème cher au président Barack Obama. Comble du paradoxe, sur ces cinq États, quatre ont élu un sénateur républicain... Le camp républicain aura-t-il une solution ? « Il n'y a rien que les républicains puissent faire. Ce qui va changer les choses, ce sera un resserrement des conditions du marché de l'emploi », assure Joel Naroff. Avec la baisse du taux de chômage, les salaires vont bientôt augmenter, prévoit-il. En attendant, la manne de la chute des prix de l'essence, au plus bas depuis quatre ans, va agir comme une augmentation sur les fiches de paye, affirment les économistes. « Les ménages à modeste et moyen revenu vont vraiment profiter de cette baisse des prix à la pompe », assure Doug Handler, économiste pour IHS.

(Source : AFP)

Si la robuste croissance de l'économie et de l'emploi aux États-Unis fait envie au reste du monde, dans le pays, de nombreux Américains ne vivent pas ces améliorations et ont sanctionné les démocrates aux élections. « C'est la question des salaires », martelait Eric Cantor, l'ex-chef de la majorité républicaine de la Chambre des représentants américaine au lendemain des élections de mi-mandat pour expliquer la déroute des démocrates au Congrès. « Les gens sont en colère parce que leurs rémunérations n'ont pas commencé à augmenter comme elles le devraient », affirmait ce responsable sur la chaîne économique CNBC.Alors que le pays est sorti de la récession depuis 2009 et que le taux de chômage a presque été réduit de moitié, 70 % des Américains trouvent que l'économie « va mal », selon un sondage...
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