Kim Kyung-Hoon/AFP
Les dirigeants de l'Asie-Pacifique, à l'origine de plus de la moitié de la richesse mondiale, se réunissent à Pékin pour le forum annuel de l'Apec, où États-Unis et Chine vont rivaliser sur leurs projets d'accords commerciaux.
Premier d'une série de sommets internationaux en Asie, ce forum annuel verra lundi le président chinois Xi Jinping en maître de cérémonies pour son plus grand rendez-vous international depuis son accession au pouvoir en 2012 : en tête de liste, le président Barack Obama, son homologue russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe.
Pour faire bonne figure, Pékin, qui a suffoqué en octobre sous des pics de pollution, a mis les usines à l'arrêt et les fonctionnaires en congé pour une semaine, limitant drastiquement la circulation automobile.
Au cours de ce sommet, aucune rencontre bilatérale entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Barack Obama n'est prévue, a déclaré mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tout en précisant qu'il n'excluait pas des contacts informels entre les deux dirigeants.
Le « Forum pour la coopération économique pour l'Asie-Pacifique » (Apec) a 25 ans cette année et ses 21 États-membres comptent désormais pour plus de 50 % du PIB mondial, de 40 % de la population de la planète et de 44 % du commerce international.
Résultat de ses engagements à la libéralisation des échanges et d'accords bilatéraux, mais aussi d'un long combat contre le protectionnisme.
Trois projets en lice
Le chantier 2014 de l'Apec va voir à Pékin trois projets concurrents s'affronter ou se rapprocher.
Le Partenariat trans-Pacifique (TPP) voulu par Washington, pilier du « rééquilibrage » vers l'Asie de la politique américaine, continue de gagner du terrain auprès de 12 des pays-membres de l'Apec. Mais il exclut la Chine en l'état et se heurte toujours à la résistance japonaise sur la question de l'ouverture des marchés agricoles.
Pour leur part, les 10 pays-membres de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) sont partisans d'un Partenariat économique global et régional(RCEP), un accord de libre-échange qui serait étendu à six autres pays, dont la Chine, le Japon et l'Inde.
Enfin, la Chine s'est fait le fer de lance d'une Zone de libre-échange pour l'Asie-Pacifique (FTAAP), une formule plus large, susceptible d'englober les deux précédents.
Le commerce n'est pas tout
Le président Obama avait fait faux bond les deux précédents sommets, à Bali et Vladivostok, retenu par des échéances de politique intérieure.
À l'Apec, le consensus est de règle entre des membres aussi divers que les États-Unis et la Papouasie Nouvelle-Guinée. Mais ce forum sera immédiatement suivi du Sommet de l'Asie orientale (EAS), où prédomine l'Asean, et du G20 à Brisbane, en Australie.
Des pays-clés comme les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Australie ou l'Indonésie participent aux trois. Et la montée en puissance de l'EAS comme celle des G20 depuis la crise financière de 2008 pourrait ternir l'éclat de l'Apec.
« S'il n'y a pas de résultat clair à l'Apec en tant que réunion distincte des autres, pourquoi tenir deux sommets asiatiques et trois sommets internationaux tous au même moment ? » s'interroge ainsi le président du Centre est-ouest de Hawaï, Charles Morrison.
« L'Apec, ça n'est pas que le commerce », dit-il, recommandant un « ordre du jour élargi » à l'heure du ralentissement économique.
« L'enjeu principal pour l'Apec, c'est sa pertinence et ce qu'il fait concrètement pour les gens », prévient-il.
Le sommet est aussi l'occasion de multiples échanges bilatéraux entre dirigeants, à l'heure où les tensions politiques entre ses membres ne manquent pas, notamment sur les questions de frontières maritimes entre la Chine et ses voisins japonais, vietnamien et philippin.
Le président chinois et le Premier ministre japonais iront-ils au-delà d'une poignée de main pour s'asseoir et discuter ?
Glaciales, les relations sont au plus bas depuis 2012 entre les deux géants asiatiques qui se disputent la souveraineté sur quelques îlots inhabités en mer de Chine orientale, théâtre de gesticulations militaires qui inquiètent la région.


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