Sauf surprise, la réunion du FOMC cette semaine marquera la fin des achats d'actifs. Au total, le QE3 atteindra1 650Md$, ou 10 % du PIB US. En septembre 2012, à son lancement, le chômage était de 8 % et l'inflation à 1,7 %, l'indice S&P500 avoisinait 1 500 points et le rendement à dix ans sans risque 1,6 %. Les niveaux actuels sont de 5,9 %, 1,7 %, 1 964 points et 2,3 % respectivement, sans qu'on puisse dire avec précision en quoi ces évolutions sont dues au QE. Nul ne pourra jamais prouver ce qui serait arrivé sans cette politique. La Fed doit désormais envisager la prochaine étape de normalisation, qui est la sortie de la politique de taux zéro (ZIRP). La décision n'est pas imminente, surtout au vu de la fébrilité récente des marchés. Dans leur majorité (moins deux voix discordantes), les membres du FOMC voudront sans doute envoyer le message le plus attentiste possible. Il n'est même pas du tout certain que le communiqué fasse disparaître l'expression « considerable time » qui est décrit la période post-QE durant laquelle les taux directeurs resteront à zéro. Cette expression est assez vague pour couvrir un temps allant de plusieurs mois jusqu'à une année. Par ailleurs, la « guidance » sur les taux a été modifiée tant de fois depuis 2009 qu'on s'y perd (tableau ci-contre). La Fed dit que sa politique future sera dépendante des données macro, mais elle reste obscure sur sa grille d'interprétation de ces données.

