Mounah el-Solh recevant des mains du président Sleiman l’insigne de l’ordre du Cèdre. Photo Dalati et Nohra
Le Liban officiel et populaire fait ses adieux aujourd'hui à Mounah Adel el-Solh, intellectuel et activiste de renom, décédé samedi à Beyrouth. Essayiste et polémiste à la plume pertinente, souvent teintée d'humour, Mounah el-Solh a dignement porté un nom de famille étroitement associé au Liban indépendant.
Après avoir adhéré à l'idéologie baassiste, dans les années 50-60 du siècle dernier, Mounah el-Solh fut de ceux qui ont su évoluer et mesurer ce qui manquait à cette pensée panarabe et aux régimes qui en étaient issus. Il trouva dans la profession de foi libanaise les valeurs de liberté et de démocratie qui lui manquaient et la voie vers ce que l'on appelle aujourd'hui « un arabisme éclairé ». Essayiste, fondateur d'un cénacle de réflexion, Dar el-Nadwa, il poussa son amour pour la circulation des idées jusqu'à polémiquer avec lui-même, dans deux journaux différents, en signant ses articles l'un de son nom, l'autre d'un pseudonyme.
« La chronique historique du Liban indépendant, à l'époque du nassérisme et du chéhabisme, serait tronquée, si l'on ne tenait compte des idées lancées par Mounah el-Solh, et la petite histoire de Ras Beyrouth et des rues Bliss et Hamra ne serait pas fidèlement évoquée, sans le souvenir de sa figure », a écrit notamment l'ancien Premier ministre, Fouad Siniora.
Les anciens Premiers ministres, Saad Hariri, Tammam Salam et Nagib Mikati, ainsi que le mufti de la République, le cheikh Abdel Latif Deriane, ont rendu hommage à sa mémoire. « Ses armes de combat étaient la réflexion et la parole sincère », a souligné notamment le dignitaire religieux sunnite, qui relève son attachement devenu, au fil des années, viscéral « à l'unité nationale » du Liban et à son « vivre ensemble ».
Le grand penseur disparu sera inhumé après la prière de l'après-midi à la mosquée Khachoukgi. Les condoléances seront reçues mardi 14 et mercredi 15 octobre au siège de l'Alumni, à l'AUB.


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