Rechercher
Rechercher

Économie - Grille Des Salaires

Samir el-Daher : Pour une réforme en profondeur de la fonction publique

L’administration libanaise emploie-t-elle un nombre trop important de fonctionnaires par rapport à ses besoins ? Photo Ibrahim Tawil

Le président du comité de coordination syndical (CCS), Maroun Khawli, a déclaré que les syndicats représentés « ne pouvaient accepter que le financement de la grille des salaires se fasse aux dépens des personnes à faible ou moyen revenu ». « Ce serait une trahison aux principes qui nous ont unis depuis trois ans dans ce combat », a-t-il ajouté, avant de préciser que l'ajout d'un point supplémentaire à la TVA « allait précisément pénaliser les travailleurs les plus vulnérables, surtout en période de récession ». M. Khawli a également reproché à « certains députés de nier une réalité qui aura pour effet d'augmenter les prix du marché dans des proportions pouvant aller jusqu'à 20 % », a précisé le communiqué. Rappelons que le ministre de l'Éducation s'est réuni mercredi avec les enseignants du secondaire.
S'il semble de prime abord difficile de sortir de l'antagonisme qui existe entre augmentation des salaires des fonctionnaires d'une part, et équilibre budgétaire de l'autre, Samir el-Daher, conseiller économique de l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, estime que « la façon dont le problème est abordé aujourd'hui relève du mélange des genres ». Contacté par L'Orient-Le Jour, il affirme ainsi que « la question de l'augmentation des rémunérations dans la fonction publique se poserait dans le cas où le Liban disposait d'un corps de fonctionnaires d'élite, ce qui est loin d'être le cas ». « En réalité, nombre d'entre eux ne sont malheureusement pas assez qualifiés pour accomplir efficacement les missions qui leur ont été confiées », explique-t-il, citant l'exemple d'EDL, une institution publique qui cristallise cet état de fait.
Le deuxième point que pointe M. el-Daher du doigt est « la surabondance de personnel administratif qui vit aux crochets de l'état ». L'ancien conseiller affirme ainsi que l'administration emploie un peu moins de 200 000 fonctionnaires en activité, civils et non-civils, tout en entretenant « 88 000 retraités de la fonction publique ». « Ce dernier chiffre comprend les retraités eux-mêmes ainsi que leurs ayants droit (23 000 veuves et héritiers), qui peuvent, en cas de décès du bénéficiaire, continuer à percevoir l'intégralité de la pension allouée au défunt », précise-t-il. Une poids conséquent pour un pays de 4,5 millions d'habitants (selon les dernières estimations), dans lequel les hôpitaux publics n'assurent que 17 % environ de la capacité totale d'accueil et dont les établissements scolaires ne prennent en charge que 30 % des élèves scolarisés. M. el-Daher insiste également sur l'importance des spécificités structurelles d'un territoire donné (ressources, population, richesse par habitant), pour déterminer la capacité d'un État à entretenir un corps de fonctionnaires sans se ruiner.
L'État libanais serait donc excessivement providentiel, si l'on en croit l'ancien conseiller, qui conclut sa démonstration en rappelant que « l'établissement de l'organigramme de la fonction publique au Liban remonte aux années 60 ». Pour lui, il est donc vital de « recentrer le débat sur une réforme en profondeur de la notion même de fonctionnaire afin de l'ajuster aux nouveaux besoins du pays ». Une fois cette laborieuse étape franchie, moduler les rémunérations de ces derniers sans mettre les finances du pays dans le rouge serait, sans nul doute, un objectif moins compliqué à atteindre qu'il ne l'est actuellement.

Le président du comité de coordination syndical (CCS), Maroun Khawli, a déclaré que les syndicats représentés « ne pouvaient accepter que le financement de la grille des salaires se fasse aux dépens des personnes à faible ou moyen revenu ». « Ce serait une trahison aux principes qui nous ont unis depuis trois ans dans ce combat », a-t-il ajouté, avant de préciser que l'ajout d'un point supplémentaire à la TVA « allait précisément pénaliser les travailleurs les plus vulnérables, surtout en période de récession ». M. Khawli a également reproché à « certains députés de nier une réalité qui aura pour effet d'augmenter les prix du marché dans des proportions pouvant aller jusqu'à 20 % », a précisé le communiqué. Rappelons que le ministre de l'Éducation s'est réuni mercredi avec les enseignants...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut