Au lendemain des déclarations du chef du courant du Futur, Saad Hariri, et du secrétariat général du 14 Mars, le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, s'en est pris avec virulence hier au Hezbollah, qu'il a accusé d'avoir commis un acte de « trahison nationale » en tentant de rallumer le front du Liban-Sud.
M. Geagea s'exprimait lors d'une conférence de presse à l'issue de la dernière séance avortée de la Chambre pour l'élection présidentielle. Saluant le rôle joué par l'armée libanaise dans la région de Ersal, il s'est demandé « pourquoi le gouvernement n'a pas encore demandé à la coalition internationale (antijihadistes) une couverture aérienne qui serait destinée à appuyer l'armée en cas de nouvelle attaque » des organisations terroristes.
Pour M. Geagea, s'il ne l'a pas fait, « c'est parce que l'Iran n'est pas dans cette coalition, du fait des différends qui persistent au sujet de son dossier nucléaire. Par conséquent, si le cabinet ne prenait pas cette mesure, il commettrait de ce fait un acte de haute trahison ».
Et dans le même contexte, a-t-il poursuivi, « la bombe de Chebaa est un acte de trahison nationale, eu égard à ce que l'armée libanaise subit dans toutes les régions ». « Dans quel but a-t-on cherché à ouvrir un nouveau front au Liban-Sud ? s'est-il interrogé. À supposer que la riposte israélienne était plus forte, qu'était censée faire l'armée ? Se retirer de Ersal pour aller au Sud ? »
S'adressant directement au Hezbollah, M. Geagea a lancé : « Vous n'avez pas le droit de jouer ainsi avec le sort des Libanais. La résistance face à l'ennemi n'est pas de votre ressort. Nous avons un État au Liban et vous vous comportez comme s'il n'existait pas. Cela est le plus grand service que vous rendez à cet ennemi. »
« Il est donc inacceptable que le Hezbollah dispose à sa guise de la décision stratégique du Liban et l'opération de Chebaa entre dans ce cadre », a-t-il ajouté, sommant les ministres qui ont un minimum de sentiment national de poser cette question à la table du Conseil des ministres.
Le chef des FL s'en est par ailleurs pris aux allégations selon lesquelles sans le Hezbollah, Daech (l'« État islamique ») serait déjà à Beyrouth. « Il y avait dans le passé des organisations mille fois plus fortes que Daech et qui étaient présentes dans une partie de Beyrouth. Eh bien, malgré cela, ces organisations n'ont pu entrer ni à Aïn el-Remmaneh ni à Achrafieh. Alors n'en déplaise au Hezbollah, il n'est pas du tout vrai que sans lui, Daech serait déjà arrivé à Beyrouth. »
M. Geagea devait par ailleurs aborder le dossier présidentiel, déplorant un état de « paralysie nationale générale » dû à l'échec de l'élection. « Il faut remettre de l'ordre dans les affaires du pays et cela ne peut commencer que par l'élection d'un chef de l'État. Toute autre solution serait inefficace. C'est après que le vide a été rempli dans les institutions que l'on pourra procéder à la tenue des législatives puis à la mise en place d'un nouveau gouvernement », a-t-il dit, réitérant son appel en vue d'un compromis présidentiel.
« Il faut cesser de semer la confusion chez l'opinion en affirmant que ce sont les circonstances régionales et internationales qui ne sont pas propices à l'élection d'un président au Liban. Quel est donc le rapport entre l'équation régionale et le fait que des députés libanais participent ou non aux séances électorales ? Je souhaite que l'on cesse de dissimuler ainsi le véritable saboteur derrière l'écran de l'équation régionalo-internationale », a-t-il ajouté.
Enfin, sur la question des otages militaires, M. Geagea a estimé que « l'aspect humanitaire n'est pas suffisamment pris en compte ». « Que les ministres essaient donc d'imaginer la souffrance des familles dont les fils sont menacés d'égorgement. L'affaire n'a que trop duré et le gouvernement ne sait toujours pas quoi faire. Cela est inacceptable. »
Pour le chef des FL, il existe trois options devant le gouvernement. « Soit il accepte l'échange proposé (avec les prisonniers islamistes) si celui-ci peut aboutir à la libération des otages, soit il amène le Hezbollah à se retirer de Syrie. Cette option n'a que des avantages puisque le gouvernement vendrait ainsi aux ravisseurs une position qui, de toutes les façons, devra être la sienne s'il entend sauver nos enfants chiites qui meurent en Syrie au service du pire régime de la planète, celui d'Assad. »
« Et dans le cas où le gouvernement rejetterait ces deux options, il reste l'alternative la plus difficile, celle qui consiste à libérer les otages par la force. J'avoue qu'il s'agirait d'une décision très dure, mais on ne peut plus continuer dans l'indécision », a-t-il souligné.
Liban - Politique
Geagea : L’attaque de Chebaa, un acte de « trahison nationale »
Après Saad Hariri et le secrétariat général du 14 Mars, le chef des FL s'en prend à son tour au Hezbollah.
OLJ / le 10 octobre 2014 à 00h00


HAKIM, UN CONSEIL : AU LIEU DE CHOISIR L'ESCALADE.... CHOISISSEZ PLUTÔT LE "DIALOGUE" AVEC NOS AUTRES CONCITOYENS, QUELLES QUE SOIENT LES ERREURS COMMISES ET LES APPRÉHENSIONS... ILS ONT AUSSI DES RAISONS À CONSIDÉRER... TOUT CE QU'ILS DISENT N'EST PAS "TOUT" FAUX !!!
10 h 05, le 11 octobre 2014