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Culture - Exposition

Yves Hayat, un art au parfum de révolte !

Plasticien français d'origine libano-égyptienne, Yves Hayat présente à la galerie Mark Hachem ses « Mythifications et mystifications ». Des photomontages aux « parfums de résistance » à un monde de plus en plus uniformisé, globalisé, écrasé par la violence et le culte païen des marques et labels...

Des œuvres qui empruntent à l’iconographie ancienne religieuse pour établir un constat désenchanté de la réalité de notre époque.

Son art parle de l'état du monde. De sa domination par l'image, les icônes du paraître, le luxe et la violence... Tous ces nouveaux «mythes» qui régissent notre époque contemporaine. Et qu'Yves Hayat a approchés au plus près au cours de son long parcours dans la publicité, avant de « libérer son expression » et de se reconvertir au début des années 2000 en photographe plasticien. Cet «esthétisant» connaît donc l'impact des logos, des labels et des marques sur l'imaginaire collectif. Et c'est cette «mythification» consumériste et païenne qu'il dénonce dans des œuvres élaborées avec les instruments même de cet univers qu'il s'amuse à «démystifier». À savoir, l'image photographique, ses manipulations digitales, ses superpositions, recompositions et réimpressions...
Cet univers ultramédiatique, profane, provocateur et agité, Yves Hayat le met ainsi en scène dans des installations à base de photomontages sur panneaux, boîtiers-vitrines ou encore retables... Presque toujours en plexiglas, matériau contemporain par excellence !
Un art de la représentation et de la présentation que cet artiste cultive donc au moyen de détournement d'images publicitaires et numériques, mais aussi de codes, symboles, figures et scènes souvent empruntés à la peinture classique, aux Piéta et Madones italiennes, aux crucifixions, au Christ de Dürer, aux retables des églises...

Mariage de profane et de sacré...
Mélange tout en contrastes, en confrontations, en oppositions entre passé et présent, spirituel et païen, réel et imaginaire, pour former, au final, une œuvre visuelle, certes, mais sous-tendue d'une narration critique plus qu'éloquente.
À l'instar de ces scènes de la série Business Must Go On : des paysages apocalyptiques de destruction et de ruines d'où émergent, intacts, indestructibles, seuls quelques édifices portant les bannières de l'industrie du luxe (tirages photos argentiques sous plexi-collage Diasec).
Idem pour la série des Parfum de révolte (tirages argentiques sur film transparent brûlé inclus dans des coffrets en plexiglas) dans laquelle Hayat s'empare du graphisme de l'emblématique flacon de parfum N° 5 de Chanel pour mettre l'accent sur le contraste entre l'image – imaginaire – de luxe de l'Occident et celle de violence et de conflits des capitales du Moyen-Orient: de Bagdad à Kaboul, en passant par Le Caire, Homs ou Beyrouth...
Parmi les séries les plus intéressantes, celles qui empruntent à l'iconographie ancienne religieuse pour établir un constat désenchanté de la réalité de notre époque. Ainsi, ses madones nues au corps tatoué, tagué, ou déchiré baptisées Maculée conception (tirages jet d'encre sur papier Fine Art aquarelle, Arches Museum), ou encore ces gisants néochristiques, écrasés par des centaines de chars, des labels d'industries mondiales, des slogans nihilistes qui évoquent un monde en déshumanisation (tirages argentiques sous verre)...
Parmi les clous de l'exposition, l'insolent Love Your Neighborg as Yourself, un tirage jet d'encre sur plexiglas transparent composant un « néoretable » sur le thème du conflit israélo-palestinien mis en scène à la façon d'une Cène, 2000 ans plus tard !
«L'image devient écriture dès lors qu'elle est significative», signalait Roland Barthes dans Mythologies. Celles d'Yves Hayat, même manipulées, recomposées et parfois décalées, écrivent, avec une pointe d'humour, un zeste d'ironie, un constat désenchanté de la réalité de notre époque. De cette culture dite occidentale en perdition de valeurs... humaines.
Un travail aux confins de la photographie, de l'installation et de la figuration narrative, à voir jusqu'au 11 octobre à la galerie Mark Hachem de Beyrouth*.

* Mina el-Hosn, rue Salloum, imm. Capital Garden, rez-de-chaussée. Horaires d'ouverture : de lundi à samedi, de 10h à 20h. Tél. : 70/949029.

À ne pas rater

Le rendez-vous : demain, à 18h, au Saint-George Yacht Club et marina.
Qui : « Conversation # 3 – Distant Voices », Heine Avdal et Yukiko Shinozaki avec Rabih Beaini
Quoi : dans le cadre du festival CO2, organisé par Bipod et Irtijal.
Kesaco : il s'agit du troisième volet du projet « Distant Voices », initié par Heine Avdal et Yukiko Shinozaki où les deux artistes bruxellois dévoilent leur processus créatif. Cette collaboration avec Rabih Beaini enquête des effets de l'organisation spatiale sur le corps et sa perception en jouant avec une structure d'objets mouvants et transformables.


Son art parle de l'état du monde. De sa domination par l'image, les icônes du paraître, le luxe et la violence... Tous ces nouveaux «mythes» qui régissent notre époque contemporaine. Et qu'Yves Hayat a approchés au plus près au cours de son long parcours dans la publicité, avant de « libérer son expression » et de se reconvertir au début des années 2000 en photographe...

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