La procédure judiciaire décidée contre le général Michel Aoun a démarré hier avec les poursuites engagées par le procureur général près la cour d'appel de Beyrouth, Joseph Maamari, qui a déféré le dossier devant le premier juge d'instruction, Hatem Madi. Cette mesure a cependant suscité des réserves dans certains milieux où on l'a jugée inopportune, partant du principe qu'elle est principalement motivée par des considérations politiques.
Le magistrat reproche au général Aoun d'avoir « entrepris des actes et prononcé des discours non autorisés par le gouvernement et de nature à nuire aux relations du Liban avec un pays frère, d'avoir propagé à l'étranger des informations susceptibles de porter atteinte au prestige de l'État, de susciter des dissensions confessionnelles (...) »
M. Maamari avait reçu dans la matinée le dossier auquel toutes les pièces du document avaient été jointes, notamment l'enregistrement de l'intervention du général Aoun devant le Congrès américain.
Le démarrage de la procédure judiciaire a été plutôt mal accueilli par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, le mouvement du Renouveau démocratique de M. Nassib Lahoud et le Amid du Bloc national, Carlos Eddé.
Pour le Renouveau démocratique, « l'arbitrage dans l'affaire Aoun doit être laissé à l'opinion publique et à personne d'autre. Le recours à la justice dans cette affaire est inopportun, d'autant qu'il entraîne une implication de la justice dans des affaires ayant trait à la liberté d'opinion et d'expression, et à la préservation des droits fondamentaux de l'opposition et de toute force politique » (...)
De son côté, M. Carlos Eddé a vu que les propos tenus par le général Aoun devant le Congrès américain « n'ont rien de nouveau et sont connus de tous, même si de nombreuses personnes qui gardent le silence ou qui le critiquent aujourd'hui sont d'accord en leur for intérieur avec ce qu'il dit » (...)


AUJOURD'HUI IL EST LE FRÈRE, OU LE SUPPÔT DU PAYS... FRÈRE !
13 h 24, le 27 septembre 2014