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Moyen Orient et Monde - Vient de paraître

« L’ordre mondial », selon Kissinger, une version moderne du système westphalien

Stratège de la diplomatie des petits pas, souvent porteuse de secousses, l'ancien secrétaire d'État américain vient de publier « L'ordre mondial », son nouvel ouvrage.

Aujourd'hui 91 ans et l'acuité analytique jamais en berne, le mémorable secrétaire d'État (mandat des présidents Richard Nixon et Gerald Ford) et prix Nobel de la paix en 1973, Henry Kissinger a voulu aller aux racines du concept d'une organisation généralisé des États. S'appuyant sur l'histoire, la géographie et les politiques modernes, il en arrive à la constatation suivante : « L'ordre mondial global que nous recherchons désespérément, aujourd'hui, n'a pas existé. Car il existe différentes variantes d'ordres mondiaux. Ce que nous entendons aujourd'hui par ce processus a été conçu il y a quatre siècles par le traité de Westphalie qui a mis fin à la guerre de Trente Ans et empêché la mise en pièce de l'Europe. » Il précise ensuite qu'à l'autre extrême, la Chine possédait alors, théoriquement et hiérarchiquement, son propre concept universel de l'ordre qui avait opéré pendant des millénaires. Kissinger se réfère également à l'option d'État de droit du cardinal Richelieu « dont le haut degré de gouvernance est sans précédent ».

Entre la Chine et l'Europe, qui avait bâti ses multiples ordres, l'Empire ottoman a proclamé « un seul légitime pouvoir autour du message du prophète Mohammad qu'il voulait étendre au monde entier ». Puis, plus tard de l'autre côté de l'Atlantique, une vision distincte de l'ordre mondiale a vu le jour dans le « nouveau monde », convaincu de l'application universelle de la démocratie. Aujourd'hui donc, il n'existe toujours pas de règles et de garde-fous guidant les affaires internationales ou leur enjeu final. D'où une tension qui ne cesse de monter.

Le Liban mentionné à quatre reprises
Fort de sa profonde connaissance de l'histoire, de sa maestria de secrétaire d'État et de son talent de négociateur (dans le rapprochement avec la Chine), il guide le lecteur dans les sinuosités des moments cruciaux que vit le monde. Depuis les négociations avec Hanoi pour mettre fin à la guerre du Vietnam jusqu'aux pourparlers nucléaires avec l'Iran (vision et réalité) en passant par la réponse de l'Occident au printemps arabe et « la guerre ou pas guerre » russo-ukrainienne. À noter que le Liban n'est mentionné qu'à quatre reprises, plus précisément dans sa connexion avec l'Iran, via le Hezbollah.

À partir de là où allons-nous? Sa réponse : vers le grand défi pour l'actuelle diplomatie de reconstruire, dans la présente complexité conjoncturelle, un système international. Alors, l'espoir pour lui serait « cet ordre mondial, émanant d'États affirmant leur dignité individuelle, une gouvernance participative et une coopération internationale en accord avec des règles établies. Pour arriver là, il faut accepter de passer par des étapes intermédiaires ». Quant à la possibilité de transfert des cultures divergentes dans un système commun, il l'aborde ainsi : « Notre période, faisant face à de graves perspectives, se doit d'agir sur ses nécessités avant qu'elle ne l'engouffre. »

L'implication de son pays reste incontournable : « Le rôle déterminant de l'Amérique serait philosophiquement et géopolitiquement impératif pour relever le défi de notre époque. Cependant, la réalisation d'un ordre mondial authentique ne peut être le fait d'un seul acteur. Tout en maintenant leurs propres valeurs, les diverses composantes doivent acquérir une seconde culture : globale, structurelle et judiciaire. À ce moment de l'histoire actuelle, ce serait la modernisation du système westphalien, revêtu des réalités contemporaines. »

Quant à l'avis à ce sujet d'une autre secrétaire d'État qui a laissé ses marques et qui s'apprête à aller encore plus loin, Hillary Clinton, il s'énonce ainsi dans un éditorial qu'elle signe dans le Washington Post : « C'est du Kissinger "vintage", avec son unique combinaison d'ampleur et d'acuité et son don de connecter les grands courants et les courants en cours. »


Aujourd'hui 91 ans et l'acuité analytique jamais en berne, le mémorable secrétaire d'État (mandat des présidents Richard Nixon et Gerald Ford) et prix Nobel de la paix en 1973, Henry Kissinger a voulu aller aux racines du concept d'une organisation généralisé des États. S'appuyant sur l'histoire, la géographie et les politiques modernes, il en arrive à la constatation suivante :...

commentaires (1)

Il y a deux ans, j'avais eu l'occasion d'assister a une conference qui s'etait tenue a l'ESA autour du sujet de l'avenir economique et politique de notre pays. Avant la cloture de la conference, l'assistance ayant ete conviee a prendre part au debat, quand mon tour fut venu, j'avais insiste sur le fait que le salut du Liban ne pouvait provenir que de la "gouvernance participative". Quelle ne fut pas ma surprise aujourd'hui de lire dans l'article ci-haut que, selon le docteur Kissinger, l'ordre mondial ne peut etre realise qu'a travers la gouvernance participative. Merci docteur Kissinge pour apporter de l'eau a mon moulin.

George Sabat

22 h 40, le 24 septembre 2014

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Commentaires (1)

  • Il y a deux ans, j'avais eu l'occasion d'assister a une conference qui s'etait tenue a l'ESA autour du sujet de l'avenir economique et politique de notre pays. Avant la cloture de la conference, l'assistance ayant ete conviee a prendre part au debat, quand mon tour fut venu, j'avais insiste sur le fait que le salut du Liban ne pouvait provenir que de la "gouvernance participative". Quelle ne fut pas ma surprise aujourd'hui de lire dans l'article ci-haut que, selon le docteur Kissinger, l'ordre mondial ne peut etre realise qu'a travers la gouvernance participative. Merci docteur Kissinge pour apporter de l'eau a mon moulin.

    George Sabat

    22 h 40, le 24 septembre 2014

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