Entre les deux hommes forts du club, qui n’apparaissent sur aucune photo ensemble, le match va se poursuivre. L’un à l’attaque, l’autre sur la défensive. Avec les médias comme spectateurs et les supporters pour arbitre. Qui en sortira vainqueur ? Pas sûr que ce soit l’OM...
Tactiquement, Marcelo Bielsa veut que ses équipes exercent une pression constante sur l'adversaire. L'idée est de l'étouffer pour mieux le faire craquer. Sur le terrain médiatique, l'entraîneur argentin de 59 ans adopte la même stratégie. Les dirigeants de l'OM, Vincent Labrune en premier lieu, le découvrent chaque jour depuis l'arrivée d'El Loco à la Commanderie. Entre piques millimétrées et révélations fracassantes, Bielsa mène la vie dure à son président qui répond avec ses armes traditionnelles. Il encaisse publiquement et lance les flèches dans le dos... Entre ces deux monstres de communication, le match continue. Jusqu'à quand ?
Entraînements à huis clos
Depuis sa première prise de parole, le jeudi 7 août, Marcelo Bielsa n'a cessé d'attaquer sa direction. Il s'est placé dans une posture sans langue de bois. Pour convaincre son auditoire, le technicien répète régulièrement qu'il dit la vérité. Et il attend en retour qu'on vienne le contrarier. Mais il est seul à occuper la place. « Si seulement le club pouvait parler... », a-t-il récemment lâché, réfutant l'idée d'un ping-pong verbal car ses dirigeants ne renvoient pas la balle. Du moins, pas officiellement.
Lors de sa première conférence de presse, Bielsa a d'emblée marqué son opposition, notamment sur l'épineux sujet des huis clos au centre Robert-Louis-Dreyfus.
Pendant tout le mois de juillet, la presse n'a eu aucun accès pour assister aux entraînements, une nouveauté historique au club et totalement inédite en Ligue 1. Pour se justifier, le service de communication de l'OM n'a cessé de répéter que c'était une décision du nouveau maître des lieux. « Mensonge », a lancé devant les micros Bielsa, jurant qu'il se conformait à ce que sa direction lui demandait. Pour ce premier rendez-vous, l'Argentin avait aussi assuré qu'il n'était pas à l'origine des départs de Valbuena et Diawara.
Propos contradictoires
Le sommet de la crispation est intervenu le 4 septembre, 48 heures après la fermeture du mercato. Marcelo Bielsa est venu régler ses comptes avec sa direction qu'il a accusée de l'avoir « trompé ». Le coach olympien, qui promettait aussi ne pas être à l'origine du loft, a révélé une liste de douze recrues potentielles qu'il avait soumise à Labrune. Puis il a critiqué le recrutement de Doria, dont il n'a été averti qu'au dernier moment. Une sortie à l'arme de destruction massive qui fera date.
En face, une fois l'orage passé, Labrune a pondu un communiqué à son retour de vacances où il ne démentait pas les propos de Bielsa. Dans le même temps, des articles ont fleuri sur la méthode Bielsa, sur un incident avec son traducteur et bien d'autres... Même s'il est le personnage principal d'une comédie qu'il a mise en scène, Bielsa n'est pas exempt de contradiction. Dans son discours, l'Argentin est parfois déroutant car il détaille rarement la chronologie des faits malgré un souci de précision. La barrière de la langue est un frein quand certaines déclarations mériteraient un éclaircissement.
Comme le jour où il a livré sa liste de douze joueurs, dont la plupart évoluaient à l'étranger, tout en précisant que le club lui avait stipulé qu'il recruterait exclusivement en France (ce qui ne fut pas le cas...). Dans sa façon de faire, Bielsa ne manque jamais une occasion de passer la crème pour cicatriser les plaies. « Je n'ai jamais été aussi bien traité par un club » ou encore « Tout a été fait pour me placer dans les meilleures conditions. Les installations sont idéales, je n'en trouverai jamais d'aussi bonnes ailleurs », a-t-il déclaré.
Un an ou deux ?
Dernier épisode : l'affaire du contrat. Alors que personne ne le lui avait demandé, Marcelo Bielsa a révélé qu'il n'avait signé que pour un an. Lors de l'officialisation de sa venue, l'OM avait annoncé un engagement pour deux ans. Le règlement de le LFP l'impose. Mais Bielsa a enfoncé le clou, précisant que c'était sa volonté d'offrir la liberté d'une séparation aux deux parties. « J'ai pris la décision et je la rends publique. Je ne peux pas être plus clair », a-t-il indiqué.
Est-ce à dire que Bielsa a annoncé son départ en fin de saison ? Ce n'est pas aussi clair. Mais c'est un nouveau pavé dans la mare des dirigeants. El Loco a renvoyé la balle. Pour l'heure, Labrune n'a pas réagi. Le président de l'Olympique de Marseille, déjà rincé par ses relations sans temps mort, va devoir convaincre son entraîneur de rester ! Il a huit mois pour y parvenir... Et le sujet pourrait occuper les discussions durant une bonne partie de la saison.
Quand on sait qu'à l'OM, une saison en vaut deux, alors avec Bielsa... La proportion s'agrandit de manière exponentielle. L'année risque d'être très, très longue...
Entraînements à huis closDepuis sa première prise de parole, le jeudi 7 août, Marcelo Bielsa n'a cessé d'attaquer sa direction. Il s'est placé dans une posture sans langue de...

