Staffan de Mistura (à droite) avec le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad. Louai Beshara/AFP
Le nouvel émissaire de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, est arrivé hier à Damas pour sa première visite dans le pays en guerre depuis sa nomination en juillet, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le remplaçant de Lakhdar Brahimi est arrivé dans un grand hôtel de Damas en compagnie de son adjoint, le diplomate égyptien Ramzi Ezzedine Ramzi, ainsi que du vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad. M. de Mistura, ancien vice-ministre italien des Affaires étrangères, n'a pas fait de déclarations à la presse. « Pas de commentaires pour le moment, je viens d'arriver », a-t-il dit aux journalistes. « Pour l'instant nous regardons et écoutons, ensuite nous parlerons », a-t-il ajouté. Durant son séjour à Damas, qui devrait durer trois jours, M. de Mistura évoquera avec les responsables syriens « les perspectives d'une solution » au conflit multiforme qui ravage le pays depuis mars 2011, selon un journal syrien. Le nouvel émissaire de l'Onu rencontrera également des opposants de l'intérieur, tolérés par le régime, qui devraient lui demander d'organiser des négociations de paix entre représentants du gouvernement syrien et de l'opposition.
À ce niveau d'ailleurs, Oxfam dénonce dans un rapport publié hier l'échec de la réponse internationale à la crise en Syrie sur tous les fronts : insuffisance de l'aide humanitaire, possibilités limitées de réinstallation des réfugiés dans d'autres pays et transferts d'armes aux parties en conflit. Intitulé « Un accord plus équitable pour la population syrienne », ce rapport établit que les appels humanitaires, qui s'élèvent à un total de 7,7 milliards de dollars, ont mobilisé « moins de la moitié des fonds nécessaires, alors que les livraisons d'armes continuent d'alimenter les violences et d'entraver les efforts de paix ». Les pays riches accueillent un nombre « dérisoire » de Syriennes et Syriens qui ont fui le conflit et, pendant ce temps, les pays voisins peinent à prendre en charge plus de trois millions de réfugiés. « C'est la plus importante crise humanitaire au monde et, sur tous les fronts, la réponse de la communauté internationale est loin d'être à la hauteur, déplore Andy Baker, directeur de la réponse d'Oxfam à la crise syrienne. Après trois ans et demi, la générosité des pays voisins, tels que le Liban et la Jordanie, » atteint son point de rupture, et les réfugiés comme les communautés pauvres qui les accueillent en paient le prix.
(Lire aussi : Les réfugiés syriens personae non gratae dans des localités chiites de la Békaa et du Sud)
Avancée du régime
Sur le terrain, Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté hier que l'armée syrienne a repris récemment aux rebelles des villages aux alentours d'un aéroport militaire dans la province centrale de Hama. La reprise de ces villages a eu lieu à l'issue de combats qui ont fait un grand nombre de morts des deux côtés, selon l'ONG.
Dans la capitale, un tir de mortier sur le quartier d'al-Douaylaa tenu par le régime a fait un mort, a également indiqué l'OSDH. Près de Damas, un raid aérien du régime sur la ville de Douma, au nord-est de la capitale, a fait neuf morts parmi les civils, selon l'OSDH. Toujours aux alentours de Damas, cinq personnes ont été tuées par des obus tirés par les rebelles sur la ville de Jarmana (tenue par le régime), et sur le secteur voisin de Kachkoul, selon l'agence officielle Sana. Dans le sud, les combats se poursuivaient entre forces du régime et rebelles qui ont pris récemment le passage de Quneitra, entre la partie syrienne du Golan et la partie du plateau occupée par Israël. Les insurgés, dont des combattants d'al-Nosra, ont eux poursuivi leurs progrès en prenant le contrôle de Tal al-Mal entre les provinces de Deraa et de Soueida, selon l'Observatoire.
Enfin, vingt-huit chefs du groupe rebelle islamiste Ahrar al-Cham, qui étaient réunis dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest syrien, ont été tués hier dans un attentat, a rapporté l'OSDH.
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