Les responsables du Hezbollah ont profité du week-end pour commenter la conjoncture présente sur la scène locale. Les thèmes qui sont revenus le plus souvent dans leurs discours sont, bien sûr, la situation à Ersal et l'affaire des militaires pris en otage par Daech et al-Nosra. D'ailleurs, cheikh Mohammad Yazbeck, chef de la commission religieuse au Hezbollah, a présenté ses condoléances hier à la famille du nouveau martyr de l'armée Abbas Medlej. Dans le même temps, les discours des responsables du parti chiite pro-iranien ont insisté sur la nécessité de préserver l'unité nationale et de ne pas se laisser entraîner à des réactions émotionnelles et instinctives.
Devant la famille du soldat martyr, cheikh Yazbeck a affirmé qu' « en dépit des blessures, il faut continuer à miser sur l'unité nationale et sur l'armée qui reste l'institution nationale qui rassemble ». Il a affirmé que la meilleure réponse à la barbarie de Daech, c'est justement de renforcer l'unité interne autour de l'armée. Signalons que le ministre de l'Industrie Hussein Hajj Hassan a aussi présenté ses condoléances à la famille du soldat martyr, au village d'al-Ansar, dans la Békaa.
Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a repris la même idée, assurant que les réactions émotionnelles n'aident pas aujourd'hui à régler le problème des militaires enlevés. Il faut donc, selon lui, privilégier l'attitude responsable. M. Raad a toutefois affirmé que « l'absence d'une unanimité interne sur la nécessité d'affronter les takfiristes est en train d'empêcher l'armée de remplir son rôle ». M. Raad a donc lancé un appel à tous les responsables et autres politiciens pour qu'ils ne jettent pas de l'huile sur le feu, et pour qu'ils adoptent un discours raisonnable et responsable.
De son côté, le chef du bureau exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, a déclaré que « les Américains et l'Occident ne veulent pas vraiment combattre l'État islamique et al-Nosra ». Ils cherchent simplement, selon lui, à les utiliser pour servir leur plan dans la région. Il a aussi estimé que la menace takfiriste est aujourd'hui « le pendant de la menace israélienne car toutes deux visent à briser le tissu social de la région, à affaiblir les États et les armées, et à effriter les pays tout en divisant les populations et en faisant fuir les cerveaux. » « La seule façon, selon lui, de combattre cette double menace et ce projet est de s'unir autour de l'armée et de dépasser les considérations confessionnelles et les intérêts étroits, pour être à la hauteur du défi que le Liban doit relever. »
Cheikh Nabil Kaouk a été encore plus précis, déclarant que toute hésitation dans la confrontation avec la menace takfiriste renforce celle-ci. Selon cheikh Kaouk, il ne faut plus dire que la menace takfiriste est aux portes du pays car elle est désormais à l'intérieur et elle joue sur les sensibilités confessionnelles avec la prise des otages militaires. Il a donc appelé les Libanais à la plus grande vigilance et à la plus grande unité. Pour cheikh Kaouk, les takfiristes essaient de s'infiltrer dans toutes les brèches qui se présentent devant eux, « et les divisions internes ainsi que les hésitations leur fournissent une possibilité de semer la discorde au Liban ».
Le ministre d'État pour les Affaires du Parlement Mohammad Fneich a de son côté critiqué la comparaison faite par certains politiciens entre la pensée takfiriste et la wilayet al-fakih. Selon lui, « de tels propos montrent une grande ignorance et une haine farouche qui doit remonter à l'échec du pari sur une victoire israélienne sur la résistance ». M. Fneich a précisé que les takfiristes sont « des assassins terroristes qui veulent imposer au monde, et aux musulmans en particulier, leurs croyances totalitaires qui excluent toute forme de pensée différente, alors que la wilayet al-fakih est un concept théologique qui peut être discuté, à condition que ceux qui souhaitent le faire sachent de quoi ils parlent et ne se contentent pas de lancer des clichés haineux qui n'ont rien à voir avec la réalité ».
Enfin, le député Kassem Hachem, membre du bloc Berry, a axé son discours du week-end sur la nécessité d'aborder le dossier des militaires pris en otage avec un grand sens des responsabilités. Selon lui, il s'agit d'un dossier très délicat qui touche le Liban et qui, tout en ayant un côté humain dramatique, porte sur le prestige et la dignité de l'État et de l'armée.
Liban
La meilleure réponse à l’EI, c’est l’unité interne, affirme le Hezbollah
OLJ / le 08 septembre 2014 à 00h47


OU : QUAND ON VEUT S'HABILLER EN BERGER...
09 h 56, le 08 septembre 2014