Derrière leur écran télévisé, des Somaliens regardent le portrait d’Ahmad Umar Abou Oubaïda, dit « Godane », le chef des shebab, tué dans une frappe américaine en début de semaine. Mohammad Abdelwahab/AFP
Les islamistes shebab somaliens ont désigné un nouveau chef, Ahmad Umar Abou Oubaïda, après la mort de leur chef suprême, Ahmad Abdi « Godane ».
La nomination du nouveau leader des insurgés a été annoncée samedi soir par le centre de surveillance des sites islamistes Site. Dans leur communiqué publié sur des forums jihadistes, les shebab assurent qu'ils « vengeront » la mort de Godane, tué dans une frappe américaine en début de semaine lors d'une réunion de hauts responsables shebab au sud de Mogadiscio. Ils renouvellent également leur allégeance à Ayman al-Zawahiri, le chef d'el-Qaëda, a précisé Site.
Le faible gouvernement somalien, tenu à bout de bras par la communauté internationale dans ce pays déchiré par la guerre civile depuis plus de 20 ans, redoute de sanglantes représailles. « Les services de sécurité ont reçu des informations indiquant que les shebab prévoient actuellement de mener des attaques désespérées contre les structures de santé, les centres éducatifs et d'autres structures publiques », a déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Kalif Ahmad Ereg. « Les forces de sécurité sont prêtes à contrer leurs attaques », a-t-il assuré.
Symbolique
À 37 ans, Godane était l'une des 10 personnalités les plus recherchées pour terrorisme par les États-Unis, qui avaient mis sa tête à prix pour sept millions de dollars. Godane était au sein des insurgés l'un des partisans les plus radicaux du jihad mondial, face aux tenants d'une idéologie nationaliste somalienne. La Maison-Blanche a estimé que sa mort constituait « une perte majeure du point de vue symbolique et opérationnel pour la plus importante des entités affiliées à el-Qaëda ».
D'autant que Godane n'avait désigné aucun successeur à la tête du mouvement, affaibli par des rivalités internes et une série de défaites militaires ces dernières années.
Pour le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud, cette mort donne « aux membres des shebab une chance d'embrasser la paix ». Il a proposé « une amnistie à tous les shebab qui rejettent la violence, et renoncent à leurs liens avec les shebab et avec el-Qaëda, mais seulement durant les 45 prochains jours ». « Ceux qui choisiront de poursuivre la lutte connaissent leur sort. Les shebab s'effondrent », a-t-il martelé.
À Mogadiscio, les habitants craignent cependant que les shebab ne sévissent comme avant. « C'est comme Oussama Ben Laden, dont la mort n'a jamais mis fin à l'existence d'el-Qaëda », a prédit Ahmad Moalim Duale, un policier somalien.
(Source : AFP)


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