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Économie

La baisse des taux longs US est-elle mystérieuse ?

On vous pose une question. Vous n'avez pas la réponse. Dites que c'est un mystère et faites de ce mystère un concept, un objet de débat, un champ de recherche. C'est ainsi qu'en février 2005, le président de la Fed de l'époque avait décrit les marchés de taux. L'absence de réaction des taux longs à une remontée des taux courts amorcée alors depuis huit mois était, pour Alan Greenspan, une énigme (conundrum). La baisse des taux longs américains en 2014 est une autre énigme.
Chaque énigme suscite une explication. En 2005, la faiblesse relative des taux longs était attribuée à un excès d'épargne mondiale, les excédents des zones émergentes se recyclant sur les marchés américains. Cela peut encore jouer aujourd'hui. Mais deux « théories » viennent s'y ajouter. La première dit que la croissance économique future a baissé, ce qui réduit aussi le niveau d'équilibre des taux. La population active va croître moins vite que par le passé (départ en retraite des baby-boomers) et, de surcroît, les gains de productivité seront moindres à cause du sous-investissement en capital résultant de la crise financière. Certains des arguments sont ici solides. L'autre thèse impute le repli récent des taux US à une contamination exercée par l'Europe. Soit la BCE laisse la zone euro se japoniser, et les taux longs mondiaux doivent baisser. Soit la BCE combat la déflation avec un QE massif, et les taux longs doivent tout autant baisser.
Certains ont voulu prouver cette seconde explication en notant que la corrélation des rendements à 5 et 10 ans était tombée au plus bas depuis des lustres (article du FT du 1er septembre, très commenté dans la blogosphère). Le fait est incontestable mais cette chute n'a pas commencé cet été quand le thème déflationniste est devenu prédominant en zone euro. Elle s'est amorcée en mars quand Mme Yellen a donné, peut-être malgré elle, un signal haussier. Elle avait alors dit qu'il y aurait « environ six mois » entre la fin du QE et la hausse des taux. En tout état de cause, même si la Fed procède avec doigté et lenteur, ce qui s'annonce en 2015 est un changement radical du contexte monétaire américain. On peut s'étonner que les marchés de taux en soient, apparemment, si peu préoccupés.

On vous pose une question. Vous n'avez pas la réponse. Dites que c'est un mystère et faites de ce mystère un concept, un objet de débat, un champ de recherche. C'est ainsi qu'en février 2005, le président de la Fed de l'époque avait décrit les marchés de taux. L'absence de réaction des taux longs à une remontée des taux courts amorcée alors depuis huit mois était, pour Alan Greenspan, une énigme (conundrum). La baisse des taux longs américains en 2014 est une autre énigme.Chaque énigme suscite une explication. En 2005, la faiblesse relative des taux longs était attribuée à un excès d'épargne mondiale, les excédents des zones émergentes se recyclant sur les marchés américains. Cela peut encore jouer aujourd'hui. Mais deux « théories » viennent s'y ajouter. La première dit que la croissance économique...
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