Économie

Kelvin Tay d’UBS : Il faut équilibrer les dépenses de l’État

Entretien
Rana ANDRAOS | OLJ
04/09/2014

De passage éclair au Liban, le directeur régional des investissements pour la région Asie-Pacifique (APAC) auprès de la banque suisse UBS, Kelvin Tay, a souligné dans un entretien avec L'Orient-Le Jour l'importance pour l'État libanais d'équilibrer ses dépenses et de contrôler la dette publique. L'expert a en outre précisé que le Liban avait beaucoup de potentiel, notamment en termes de ressources humaines, de talents, « d'autant plus que le secteur bancaire libanais est très résilient » a-t-il ajouté. Parallèlement, M. Tay a mis en avant l'importance de la politique monétaire stricte de la BDL qui a évité au pays d'être affecté par la crise économique mondiale de 2008.
En ce qui concerne la présence d'UBS au Liban, Kelvin Tay se veut rassurant : « Nous sommes présents depuis plusieurs années au Liban et nous avons l'intention d'y rester », a-t-il affirmé.
Pour ce qui est des crises régionales et de leur impact sur l'économie, M. Tay souligne qu'il faut suivre de près les prix de l'or et du pétrole. « Ces derniers n'ont pas été affectés par les crises sécuritaires et politiques de la région, et dans ce sens, c'est un signe positif. Les conséquences géopolitiques sont pour le moment limitées », a-t-il ainsi expliqué, précisant toutefois que si la situation venait à s'aggraver entre la Russie et l'Ukraine, l'impact sur les prix de l'or et du baril du pétrole serait négatif. « Les investisseurs surveillent la situation dans la région, et il faut avouer que les risques et rendements ne sont pas aussi attractifs aujourd'hui dans la région Mena que dans d'autres marchés émergents tels que certaines parties de l'Asie ou encore l'Europe de l'Est » a-t-il ajouté.

La Fed et la BCE
« Les marchés spéculent sur la politique monétaire que va prendre la BCE », a par ailleurs indiqué Kelvin Tay. Rappelant que le revenu disponible des ménages en Europe a accusé une baisse conséquente, que les niveaux de chômage sont élevés et que l'euro est trop élevé par rapport au dollar, il souligne que la BCE a de fortes chances d'intervenir dans le sens d'une politique monétaire expansionniste. Reprenant les mots du président de la BCE Mario Draghi, qui avait indiqué récemment « qu'il reste beaucoup de choses à accomplir », l'expert prévoit que la BCE va opter pour une politique d'assouplissement qui vise à augmenter la liquidité dans la zone euro. Ce qui n'est pas le cas de la Fed. En effet, toujours selon M. Tay, les indicateurs économiques sont dans l'embellie aux États-Unis. « Tandis que la croissance mondiale est de 3 %, celle aux USA est aux alentours de 2,5 % », a-t-il précisé. « La Fed a prévu de mettre fin à son programme d'assouplissement (quantitative easing) en octobre », a expliqué l'expert qui voit là un signe de redressement de l'économie américaine.
Rappelons que le quantitative easing (QE) est une politique monétaire applicable par les banques centrales, visant à augmenter la liquidité dans l'économie locale. Le QE3 (lancé en septembre 2012) est le 3e volet du programme d'assouplissement américain mis en place après la crise de 2008 et qui consiste en l'achat mensuel de 40 milliards de dollars de titres adossés à des créances immobilières et 45 milliards de dollars d'obligations du Trésor pour une période indéfinie. De plus, la Fed a prévu d'augmenter les taux d'intérêt au printemps 2015. « Un indicateur qui illustre que la banque centrale américaine n'a plus besoin de stimuler l'économie », a souligné M. Tay.
Enfin, l'expert a prévu que le taux de change de l'euro face au dollar sera de 1,24 d'ici à 12 mois et a rappelé qu'une des règles primordiales de l'investissement est la diversification des portefeuilles dans une perspective globale.

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