La seconde estimation de la croissance du PIB réel au T2 a été revue de 4 à 4,2 % l'an (vs -2,1 % au T1). Le changement est minime mais la révision va dans le bon sens : plus faible contribution des inventaires (de 1.7à 1.3pts), plus forte croissance de l'investissement fixe revu de 5,9 % à 8,1 % annualisé. Concernant le T3, les chiffres d'activité réelle sont encore peu nombreux, mais une donnée aussi emblématique que les inscriptions hebdomadaires au chômage s'affiche au plus bas depuis 2006. De plus, les enquêtes de climat des affaires sont positives. La Fed de Philadelphie publie un indice mesurant les conditions économiques en temps réel qui suggère que l'activité évolue désormais bien au-dessus de la zone où le risque de calage est élevé. L'indice national d'activité de la Fed de Chicago dit la même chose. Quant au modèle de nowcast de la Fed d'Atlanta, il prévoit aujourd'hui une croissance du PIB de 3,2 % l'an au T3.
En mai dernier, la Fed s'inquiétait du risque pesant sur la reprise immobilière : c'était même sa préoccupation domestique majeure (les principaux risques extérieurs étant le climat géopolitique et certaines tensions financières dans les pays émergents). Il est vrai qu'au T1, les ventes de maisons anciennes étaient inférieures de 13,5 % à leur pic du milieu d'année 2013, et les mises en chantier baissaient de 9.8 % par rapport au T4. Depuis lors, l'immobilier résidentiel s'est presque totalement repris de cet accès de faiblesse. L'investissement résidentiel devrait être ce trimestre un fort contributeur à la croissance tandis que les dépenses en équipement paraissent mieux orientées au vu des commandes de biens durables. En somme, l'investissement qui montrait au printemps beaucoup de retard pour un cycle normal tend à se raffermir. Il y a deux raisons à cela. D'une part, depuis le shutdown d'octobre 2013, les intentions d'investissement n'ont plus été bridées par l'incertitude politique (on verra si les élections de mi-mandat en novembre changent la donne). D'autre part, la demande des ménages a des raisons de se renforcer. Depuis 2010, elle a progressé modestement (+2.1 % l'an) et par à-coups, sur fond de chômage élevé et de désendettement. L'embellie récente des conditions d'emploi devrait logiquement se traduire par une accélération de la consommation.
Économie
USA : des signes positifs pour le cycle d’investissement
OLJ / le 03 septembre 2014 à 00h00

