Le marché immobilier de Beyrouth a été touché au cours de l'été par la dégradation sécuritaire suite aux attentats de juin et les événements de Ersal. La timide dynamique de reprise observée au printemps dernier suite à la formation du gouvernement a ainsi très vite été oubliée.
Le secteur est de nouveau au ralenti et il devient urgent que l'élection d'un nouveau président de la République puisse se réaliser pour éviter que la crise perdure.
Naturellement les prix accusent le coup, un peu partout à Beyrouth. La tendance est toujours à la baisse. Mais tous les produits (appartements neufs, anciens, boutiques et bureaux) ne sont pas logés à la même enseigne et les fortes réductions ne se sont pas généralisées. Beaucoup de propriétaires campent toujours sur leur prix et refusent de céder à la panique. Ils n'accordent qu'un faible rabais. Ces particuliers ne se disent pas pressés de vendre.
Cet entêtement paralyse une partie du marché avec, comme conséquence, une augmentation de l'offre : nombre d'invendus et des propriétés à louer.
Enfin une bonne nouvelle pour les commerçants : les loyers ont amorcé une réelle décrue. Les baisses s'étirent de 10 à 30 %.
La multiplication des boutiques à louer a enfin réveillé une partie des propriétaires qui ont pris conscience que leur loyer devait être cohérent par rapport à la crise économique qui frappe actuellement le pays. Certains reviennent à la raison. Il y a six mois, une boutique au centre-ville affichait un loyer annuel de 900 dollars le m². Il est aujourd'hui de 500 dollars le m², soit plus de 44 % de baisse ! À l'opposé, certains propriétaires n'en démordent pas et maintiennent leur prix. Sauf miracle, leur bien va rester encore longtemps inoccupé.
La baisse des prix pour les appartements en construction est plus limitée. Globalement, elle varie de 5 à 10 % par rapport à la valeur affichée. Malgré des transactions au compte-gouttes, beaucoup de promoteurs comptent sur le temps. S'ils ne sont pas « coincés » par leur banque et fonctionnent avec leurs propres liquidités, ils peuvent repousser les avances des acheteurs qui veulent profiter de la situation pour obtenir des rabais conséquents.
Toutefois, de bonnes opportunités sont toujours possibles. Il y a des vendeurs pressés qui veulent rapidement se séparer de leur bien. Chaque propriétaire agit en fonction de son intérêt sans se soucier de la stratégie de son voisin. Ainsi, un premier étage à Sodeco peut être annoncé à 2 900 dollars le m² alors qu'un appartement adjacent continue d'être proposé à 3 500 dollars le m².
L'offre ne cessant de s'accroître, les acheteurs ont l'occasion de faire le bon choix au bon prix.
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