Le convoi d’aide humanitaire russe destiné à la population de l’Est ukrainien est toujours bloqué à la frontière pour la cinquième journée consécutive. Alexander Demianchuk/Reuters
Le président ukrainien Petro Porochenko a amorcé hier un changement dans sa stratégie militaire pour le conflit dans l'est de l'Ukraine, alors que l'opération militaire dans l'Est lancée à la mi-avril devient de plus en plus meurtrière.
Jusque-là, la tactique employée par le commandement militaire ukrainien était d'encercler et d'assiéger les principaux bastions des insurgés prorusses, mais l'armée éprouve de grandes difficultés pour entrer dans les villes où les combats feraient de nombreuses victimes. Le président ukrainien a ainsi appelé à un « regroupement des forces » pour isoler les zones contrôlées par les insurgés et « empêcher leur ravitaillement en armes et équipement » via la frontière avec la Russie, dont une partie est toujours sous leur contrôle. M. Porochenko a, par ailleurs, confirmé les déclarations du « Premier ministre » séparatiste Alexandre Zakhartchenko, qui s'était félicité vendredi d'avoir reçu des blindés et 1 200 soldats venus de Russie, information démentie par Moscou. « Une partie de ce matériel a été détruit. Pour ce qui est du reste, nous prenons des mesures pour qu'il le soit », a-t-il affirmé. Kiev avait assuré la semaine dernière avoir en partie détruit une colonne de blindés qui avait pénétré sur son territoire, provoquant un concert de réactions indignées en Occident et un démenti ironique de Moscou.
Les autorités ukrainiennes ont également affirmé hier que les insurgés prorusses avaient tiré avec des lance-roquettes multiples Grad sur une colonne de réfugiés, provoquant la mort « de dizaines » de civils près du bastion des insurgés de Lougansk. Des informations « très inquiétantes » selon le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon qui a demandé hier que les civils puissent quitter les zones des combats en toute sécurité. Selon le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, cette colonne se trouvait sur la route entre Khriachtchouvate et Novosvitlivka dans un « couloir » humanitaire emprunté auparavant par plus de 1 800 personnes. La colonne est tombée « en pleine zone de combats » alors que les rebelles menaient une contre-offensive. Les rebelles ont démenti avoir tiré sur des réfugiés.
Une opération militaire était également en cours hier pour reprendre aux insurgés leur bastion de Lougansk, assiégé par l'armée ukrainienne, qui a fait état de neuf soldats ukrainiens tués et 20 blessés en 24 heures dans l'Est.
À Donetsk, autre bastion des rebelles dans l'Est, les habitants se voient privés à leur tour d'eau courante après que des tirs ont endommagé une ligne électrique qui alimente sa principale usine de traitement des eaux.
Le convoi d'aide humanitaire russe destiné aux populations de l'Est victimes de combats était, quant à lui, toujours bloqué hier soir à la frontière pour la cinquième journée consécutive, malgré un accord trouvé samedi entre Kiev et Moscou sur les modalités d'inspection des quelque 300 camions.
Sur le front diplomatique, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a annoncé une visite le 23 août en Ukraine de la chancelière allemande Angela Merkel. De même, le diplomate s'est dit prêt à de longs pourparlers avec son homologue russe Sergueï Lavrov « pour sortir du statu quo » dans l'est de l'Ukraine. « Il n'y a pas de place pour un compromis si l'État doit franchir sa ligne rouge. L'Ukraine ne l'a pas franchie. Nous avons senti le soutien de nos partenaires » français et allemand, a écrit sur Twitter M. Klimkine hier sans plus de précisions.
(Source : AFP)


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