Les donateurs internationaux pour la Palestine veulent se réunir au Caire en vue de financer la reconstruction à Gaza, dont les dégâts ont été évalués à plusieurs milliards de dollars. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters
Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont entendus in extremis pour prolonger de 24 heures, jusqu'à ce soir minuit, le cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza, a annoncé l'un des émissaires palestiniens au Caire. Peu après, Israël a confirmé la prolongation, ainsi qu'un communiqué du gouvernement égyptien, cité par l'agence officielle Mena.
Au-delà de la prolongation annoncée, on ignore l'état des discussions censées produire non plus une pause limitée, mais une trêve durable.
Tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu faisait monter la pression en public, des informations en provenance du Caire faisaient état d'avancées et de consultations sur une proposition égyptienne. « Nous sommes prêts à tous les scénarios (...) L'armée est prête à frapper avec force si les tirs reprennent », a prévenu M. Netanyahu lors d'une réunion avec son ministre de la Défense Moshé Yaalon, symboliquement tenue à Ashdod, ville du sud d'Israël atteinte par les roquettes palestiniennes tirées de Gaza. « Les menaces de Netanyahu n'ont aucune valeur », a répliqué un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.
Peu après cependant, un haut responsable de la délégation palestinienne indiquait que les Égyptiens avaient soumis « un projet qui a été accueilli avec beaucoup de souplesse par les deux parties. On a fait des progrès ». Le projet retient la demande palestinienne d'ouverture d'un port et d'un aéroport à Gaza, à laquelle Israël passe pour s'opposer fermement, a-t-il affirmé. « Les deux délégations consultent leurs états-majors. » Moins d'une heure avant l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu, le cabinet du Premier ministre israélien démentait encore l'existence d'un accord.
Trois guerres en six ans
Les Israéliens et les islamistes palestiniens du Hamas qui contrôlent Gaza forment des exigences aussi apparemment inconciliables que la démilitarisation de l'enclave pour les premiers, la levée du blocus israélien pour les seconds. Les autorités sanitaires de l'enclave palestinienne ont ainsi rappelé l'un des enjeux majeurs des discussions en annonçant que le bilan humain de l'offensive lancée par Israël le 8 juillet est monté à 2 016 morts palestiniens à Gaza où, malgré le cessez-le-feu, de nouveaux corps ont été découverts dans les décombres du territoire dévasté où des victimes ont succombé à leurs blessures. Parmi les morts figurent 541 enfants et 250 femmes, a précisé le ministère de la Santé palestinien qui a fait également état de 10 196 blessés. Dans le camp opposé, 64 soldats israéliens ont été tués, dont cinq par des « tirs amis » venus de leurs rangs, ainsi que trois civils. Malgré ce lourd bilan, le Hamas a continué de brandir la menace de la reprise des hostilités si le blocus n'était pas levé.
Mais chacun des protagonistes est conscient que les hostilités pourraient vite reprendre dans un territoire qui subit sa troisième guerre en six ans si les négociations n'étaient pas mises à profit pour aborder des questions de fond. Par la voix de son coordinateur spécial pour le processus de paix Robert Serry, l'Onu a pressé les belligérants « de parvenir à un accord sur un cessez-le-feu durable qui réponde aussi aux problèmes sous-jacents » de Gaza. La tâche des négociateurs est compliquée par la multiplicité des acteurs palestiniens. M. Abbas devait se rendre à Doha pour y rencontrer aujourd'hui le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal ainsi que cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, l'émir du Qatar, allié crucial du mouvement islamiste.
Par ailleurs, les donateurs internationaux pour la Palestine se réuniront au Caire en vue de financer la reconstruction à Gaza, dont les dégâts ont été évalués à plusieurs milliards de dollars, dès qu'un accord de cessez-le-feu durable aura été conclu entre Israël et Palestiniens, a annoncé hier la Norvège. Les fonds collectés sous l'égide de l'Égypte et de la Norvège seront versés au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a précisé le chef de la diplomatie norvégienne, Boerge Brende, excluant ainsi qu'ils puissent profiter au Hamas.
De même, l'Onu a proposé de s'inspirer d'un mécanisme de contrôle déjà en place pour importer des matériaux de construction à Gaza afin d'accélérer la reconstruction de ce territoire et de s'assurer que leur utilisation sera purement civile, a indiqué hier le coordinateur de l'Onu au Proche-Orient Robert Serry.
(Source : AFP)


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09 h 58, le 20 août 2014