De nombreuses personnalités libanaises et diplomatiques françaises ont assisté à la messe.
L'archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, a célébré samedi à la résidence archiépiscopale, à Aïn Saadé, la messe traditionnelle, suivie d'un déjeuner, à l'intention de la France et à l'occasion de la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, en présence d'un grand nombre de figures religieuses, et de nombreuses personnalités politiques et diplomatiques françaises, dont le chargé d'affaires, Jérôme Cauchard. Il s'agit, comme on le sait, d' une tradition perpétuée depuis plusieurs décennies. Dans son homélie, Mgr Matar s'est arrêté d'emblée sur la situation dans la région en évoquant la fête de l'Assomption de la Vierge Marie qui « nous rappelle, en ces circonstances si difficiles que traversent tant de pays, que nous sommes tous ses enfants, et par conséquent des frères, les uns par rapport aux autres ».
« Que pouvons-nous dire alors sur la fraternité devant ce déferlement de haine et d'irrationalité qui submerge le monde et en particulier le Proche-Orient ? Les tentacules de cette pieuvre touchent notre sanctuaire libanais. Nous avons cru, naïvement, pouvoir échapper à son venin dévastateur. Et nous voici immergés dans un dédale de folies meurtrières dont aucun mot ne peut décrire l'horreur », a-t-il déploré.
Soulignant l'importance de la fraternité, « une idée chrétienne », il a indiqué que « si nous sommes devenus les frères du Christ en humanité, Marie, Sa mère, est devenue notre mère. (...) Elle est devenue mère des hommes en deux temps : à l'Annonciation, où elle nous porta mystiquement dans son sein, comme une mère très aimante. Au calvaire, où elle a offert la vie de son Fils pour notre salut. Qui d'autre mieux qu'elle peut obtenir de son Fils sa clémence pour nos turpitudes et nos égarements ? » s'est interrogé Mgr Matar, avant d'indiquer que « le Liban, dont elle est la sultane, la prie à genoux pour que les forces du mal, de la division, des cauchemars soient anéanties ».
« Nous lui promettons de faire la volonté de Dieu dans la fidélité à notre vocation de "pays message". N'est-ce pas déjà une réponse aux prières des Libanais – toutes confessions confondues – que ce sursaut national pour soutenir et entourer l'armée dans son combat pour éradiquer le mal qui nous menace ? Pourvu que cette unité, manifestée spontanément et profondément envers notre courageuse armée, ne soit pas un feu de paille éteint par les ambitions, les rancunes et l'esprit de possession au détriment de la fraternité, de la justice et de l'harmonie », a-t-il ajouté, avant de rappeler les liens entre le Liban et la France, et de dédier la messe à l'intention de ce pays.
« Préoccupation ne veut pas dire inaction »
À son tour, M. Jérôme Cauchard s'est félicité de cette « longue et unique tradition qui unit la France à la communauté maronite », avant de s'étendre sur les relations étroites et historiques entre les deux pays.
« Cet attachement réciproque fait que nous ne pouvons rester indifférents à ce qui se passe chez l'autre. Je disais ici même, l'année passée, que la France est préoccupée par les répercussions sur le Liban de la crise syrienne. Nous le sommes toujours. La France appuie la stabilité du Liban, qui passe notamment par ses institutions en charge de sa sécurité. La France est en particulier pleinement engagée dans le soutien à l'armée libanaise, seule à pouvoir disposer légitimement de la force armée », a-t-il dit, avant de rappeler la contribution de son pays au Groupe international de soutien au Liban, en septembre 2013 à New York, puis au Trust Fund, créé pour aider les infrastructures et les populations libanaises à faire face à la crise syrienne.
« La prochaine réunion du GIS à New York en septembre prochain permettra de maintenir le Liban sur l'agenda international, alors même que c'est toute la région qui s'enfonce dans l'instabilité », a ajouté M. Cauchard qui a ensuite abordé le volet irakien en affirmant que « les persécutions dont les chrétiens d'Irak font l'objet relèvent d'une intolérable barbarie que les Français n'acceptent pas et que la France n'acceptera jamais ». « La France condamne, mais elle agit aussi », a-t-il dit, avant de rappeler la mobilisation des autorités françaises en faveur des « populations frappées par la barbarie terroriste ».
Affirmant que les chrétiens sont chez eux en Orient et que leur présence contribue à la richesse humaine, culturelle et religieuse de cette région, il a insisté sur « l'impérieuse nécessité d'assurer la protection des minorités afin de leur permettre de demeurer dans leur pays, et de préserver la diversité et l'intégrité de l'Irak ». « Ce constat vaut également pour le Liban qui se trouve être particulièrement sensible, depuis toujours, aux évolutions de son environnement régional. Il est d'autant plus crucial que le Liban se dote d'un président bénéficiant d'un large soutien, capable de diriger le pays en le maintenant autant que possible à l'écart des tensions liées aux conflits syrien et irakien. La perspective des élections législatives rend encore plus pressante l'élection d'un président », a noté le diplomate avant de réitérer l'attachement de son pays à l'accord de Taëf, aux principes qui y sont énoncés et au cadre constitutionnel libanais.


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