Ces dernières semaines, Ali al-Sistani, 83 ans et plus haute autorité religieuse chiite en Irak, s'est fait connaître du monde entier à la suite de ses appels répétés trois vendredis de suite à prendre les armes et à combattre les jihadistes de l'EI. À la suite de ceux-ci, des dizaines de milliers d'Irakiens les ont prises, ces armes, et se sont engagés aux côtés de l'armée. Si Ali al-Sistani a pris la décision d'intervenir dans le jeu politique, jusqu'à souhaiter le remplacement de Nouri al-Maliki, c'est sans aucun doute parce que la situation l'imposait. En effet, au contraire de la doctrine iranienne du wilayet el-faqih qui octroie aux ulémas une place considérable dans le champ politique, Sistani prône une vision plus quiétiste qui encourage à l'éloignement du monde politique.
Le premier marjaa' (source, référence) s'inscrivait jusqu'alors dans la parfaite continuité des ulémas de Najaf.
La sortie de son silence interroge les observateurs sur son rôle futur. Sistani veut-il désormais participer au jeu politique ?
Peut-il représenter un contre-courant à l'hégémonie iranienne, avec qui il entretient des relations assez distantes ? Ces questions demeurent pour l'instant sans réponse, mais les récents évènements ont démontré le poids de son autorité auprès de la population chiite irakienne.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef