M. Geagea, hier, en compagnie de notre confrère Walid Abboud.
Le président des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a affirmé hier que « les FL ne voteront pas en faveur de la prorogation du mandat de la Chambre ».
« Nous sommes pour la tenue des législatives dans les délais en dépit des considérations d'ordre constitutionnel. Nous ne pouvons pas aller de prorogation en prorogation avec cette situation sécuritaire précaire. Nous sommes totalement pour l'élection présidentielle avant les législatives, mais si cela ne fonctionne pas, il vaut mieux aller vers des élections, et pas vers une prorogation. (...) Aucune circonstance sécuritaire contraignante n'empêche ces élections d'avoir lieu », a indiqué M. Geagea, dans un entretien à la MTV. « Le président du Parlement est appelé à convoquer la Chambre pour qu'elle adopte une nouvelle loi électorale », a-t-il noté.
« Nous sommes capables d'aller à la Chambre et d'élire un président, mais les deux blocs du Hezbollah et du général Michel Aoun sont solidaires et bloquent l'échéance », a souligné le leader FL. « La position du Hezbollah vis-à-vis de la présidence va se raidir davantage après le revers subi par l'Iran par le départ de Nouri al-Maliki. Le statu quo au Liban va donc se maintenir, malheureusement », a-t-il estimé.
Samir Geagea a par ailleurs exclu l'existence d'un quelconque marché en gestation entre les parties. « Comment le retour de Saad Hariri peut-il accélérer la présidentielle ? Il n'y a pas de marché. Je ne sens pas qu'il ait été question de cela, que ce soit avant son retour ou depuis. (....) Le 14 Mars n'élira pas un président qui va à l'encontre de son projet politique. Hariri n'a pas besoin d'un marché pour être Premier ministre : il est le plus représentatif au niveau de la rue sunnite », a-t-il dit.
« Le fait de retirer ma candidature ne va mener à rien. Je ne me suis pas porté candidat pour m'amuser. Je l'ai fait parce que je suis le chef de l'un des plus grands partis chrétiens, sinon le plus grand. J'ai un projet politique et je fais partie d'une vaste coalition nationale. Que ceux qui ne veulent pas voter pour moi ne le fassent pas, mais qu'ils se rendent à la Chambre ! » a poursuivi Samir Geagea. Il a ensuite appelé les citoyens qui le souhaitent à poursuivre en justice les députés qui boycottent les séances électorales et à leur demander des comptes
Interrogé sur les chances du chef du parti Kataëb, l'ancien président Amine Gemayel, d'être élu, M. Geagea a répondu : « Il s'est avéré que les chances du président Amine Gemayel seraient moindres que les miennes. J'en ai discuté directement avec lui, et lui s'est concerté avec d'autres blocs qui ont une position claire. Le général Aoun accepte-t-il l'élection du président Gemayel ? S'il dit oui, je serai le premier à l'accepter. »
Le président des FL a en outre estimé qu'il n'y a « pas de possibilité d'en arriver à une Constituante », et qu'il « ne faut pas toucher à Taëf ». « Si quelqu'un badine avec cet accord, où en arriverons-nous? » s'est-il interrogé.
Interrogé sur Daech, M. Geagea a répondu : « Il s'agit d'une grosse arnaque, d'un phénomène effervescent et éphémère qui vit dans un état de perdition, une horde de vandales qui se comportent à leur gré en raison de l'absence de l'État dans les régions où ils se trouvent, des groupes de voyous qui commettent des actes de pervers. »
» Daech n'est pas un danger existentiel pour le Liban ou la région. Ce qui a modifié la donne en Irak et permis l'apparition de Daech, c'est la situation politique de désagrégation dans ce pays. Au Liban, il y a un État et une armée qui a contenu les incidents de Ersal par sa résistance. Et puis que représente Daech devant les groupes armés et les invasions que le Liban a connus à travers son histoire ? Il ne faut pas avoir peur de Daech, la présence chrétienne se perpétue depuis 1 500 ans. (...) Mais il y a un régime au moins qui a aidé Daech depuis ses débuts, c'est le régime syrien. C'est en effet Daech qui a le plus porté atteinte à la révolution syrienne, plus encore que le régime Assad », a noté le leader FL.
Concernant les incidents de Ersal, « certains tentaient de comploter contre l'armée en la plongeant dans une longue guerre d'usure pour permettre au régime syrien de reprendre son souffle, mais cela n'a pas marché ». « Le Hezbollah voulait que l'armée continue la bataille à Ersal sans aucune considération pour l'intérêt du pays », a-t-il conclu.

